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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
En direct du Festival et du Off d’Avignon 2012
Le hip-hop s’enracine
On est séduit par l’énergie et le talent des trois jeunes danseurs de la compagnie Melting Force, dans leur spectacle « En quête », présenté dans le cadre des Hivernales.
« En quête » | Cyrille Cauvet | Opéra‑Théâtre de Saint‑Étienne
Le projet du spectacle est de présenter le thème du déracinement, en mettant tout le monde dans le même panier : touristes, immigrés, clandestins… C’est un peu fourre‑tout, mais on voit dans cette démarche l’ambition de faire de la danse hip‑hop le medium d’un propos réfléchi, porteur de sens, et non pas seulement une série de bonds et de tournoiements spectaculaires.
Le lien entre la danse et le déracinement n’est pas toujours très clair, ni le message que veulent finalement faire passer les danseurs. On voit certes un personnage muni d’une symbolique valise, bientôt rejoint par deux comparses. Il a parfois l’air de chercher son chemin. On dirait un peu le personnage d’aspirant danseur provincial joué par Gene Kelly dans le célèbre numéro « Broadway Melody » de Chantons sous la pluie. Le clin d’œil aux anciennes comédies musicales apparaît vraiment dans une séquence à trois avec les trois lascars tout sourire, tournés vers le public. Un passage assez euphorisant, d’ailleurs !
Des solos épatants
Car, si la volonté de faire sens, d’évoquer des thèmes sérieux n’est pas complètement aboutie, on adhère quand même à ce qui se passe sur le plateau. Quoi de plus fondamentalement scénique et visuel que la danse hip‑hop ? Il y a une vitalité communicative dans les mouvements des danseurs. Des sauts, parfois des acrobaties étourdissantes, des enchaînements au sol virtuoses : on en prend plein la vue. Et, en même temps, il y a une souplesse, un « jeu » dans tous les sens du terme, qui donne un caractère aimable plus qu’impressionnant à tout cela. Les chorégraphies, parfaitement réglées, conservent aux corps (peut‑être en partie grâce à l’origine urbaine du hip‑hop) une part d’individualité. Les bras, les jambes, les nuques, ne bougent pas tout à fait de la même façon. C’est à peine visible, mais assez pour laisser exister trois individus. Des individus qui existent d’autant plus au gré de solos épatants. Mehdi Meghari, silhouette musculeuse, est particulièrement impressionnant dans un solo très long et exigeant.
La scénographie constituée d’éléments cubiques en métal permet, quant à elle, de ménager plusieurs effets d’entrées-sorties, apparitions-disparitions. Un moment très réussi sur le plan visuel consiste en l’évocation de gens vivant tous dans leur petit logement comme dans des cages à lapin, grâce à des projections vidéo.
Enfin, la musique composée par Julien Cordenod, à la fois sensible et énergique, achève de donner de l’allant à ce spectacle qui n’en manquait déjà pas. ¶
Céline Doukhan
Les Trois Coups
En quête, de Souhail Marchiche
Compagnie Melting Force • B.P. 90038 • 42001 Saint-Étienne cedex 1
Chorégraphie : Souhail Marchiche
Avec : Souhail Marchiche, Toufik Maadi, Medhi Meghari
Musique : Julien Cordenod
Scénographie : Joanne Milanèse
Lumière : Richard Gratas
Costumes : Angelina Herrero
Vidéo : Aurélien Cenet
Théâtre Les Hivernales • 18, rue Guillaume‑Puy • 84000 Avignon
http://www.hivernales-avignon.com
Réservations : 04 90 82 33 12
Du 11 au 21 juillet 2012 à 14 h 30, relâche le 15 juillet 2012
Durée : 50 minutes
17 € | 12 € | 8 €
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