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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 19:59

Élisabeth Kontomanou : une grande voix


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Poursuivant ses invitations aux plus grands noms du jazz contemporain, le 1988 jazz club à Rennes recevait la grande chanteuse Élisabeth Kontomanou. Deux heures et plus de pur bonheur.

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Élisabeth Kontomanou | © Jean-François Picaut

Élisabeth Kontomanou (chant) était l’autre soir l’invitée de Yann Martin au 1988 jazz club avec Gustav Karlström au piano. Le club poursuit ainsi sa politique de qualité qui le fait inviter les plus grands noms du jazz français et international du moment. Rappelons le passage, cette année, au 1988 de Géraldine Laurent, Sophie Alour, Lionel Loueke, Pierrick Pédron, Ricky Ford, Mina Agossi, Shaï Maestro, Rémi Panossian, etc. C’est un véritable privilège que de pouvoir entendre et voir de tels artistes dans ce cadre presque aussi intime que votre salon, mais doté d’une acoustique exceptionnelle.

Le duo que forme Élisabeth Kontomanou avec Gustav Karlström est un modèle du genre en matière de complicité humaine et artistique. Karlström est un excellent accompagnateur, mais il n’est pas que cela. Quand Élisabeth Kontomanou lui abandonne quelques instants la scène, il prouve également ses qualités de pianiste. C’est également un chanteur, et l’on peut dire qu’il n’a pas à rougir de ses interventions chantées, à côté de celle qu’il accompagne.

Le programme de ce soir comporte évidemment des blues et des gospels (In the Upper Room ou Trouble of the World), les racines d’Élisabeth Kontomanou, mais il contient aussi d’autres chansons dont des compositions plus ou moins récentes, voire inédites, de la chanteuse ou de Gustav Karlström. Nous avons bien aimé Do You Know What It Means to Miss New Orleans, une chanson créée par Louis Armstrong et interprétée également par Lady Day comme You Let Me Down. Le talent d’interprète d’Élisabeth Kontomanou est tel que, sans aucune imitation, elle parvient à donner à chaque titre une coloration évocatrice de ses illustres devanciers.

Une chanteuse habitée

À notre sens, un des sommets de la soirée aura été l’interprétation de Sometimes I Feel Like a Motherless Child que l’on retrouve sur son album Secret of the Wind (Plus loin music, 2012). Ce negro spiritual traditionnel composé avant l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, Élisabeth Kontomanou en exprime tout le désespoir en modulant son chant de façon à rendre le caractère dramatique et poignant du texte avec un minimum d’effets. C’est précisément ce qu’on appelle une chanteuse habitée. Nous en aurons la confirmation quelques instants plus tard avec une interprétation personnelle tout à fait remarquable de Summertime, également sur Secret of the Wind (Plus loin music, 2012). Le concert s’achève avec l’interprétation en duo de Dreams of Gold (Are Dreams for You), une composition de Gustav Karlström qui figure sur Siren Song (un album Plus loin music, 2009).

Comment résumer l’art d’Élisabeth Kontomanou ? C’est d’abord une grande voix, très ductile, avec une tessiture importante qu’accroît encore le recours à la voix de tête. Ce sont des graves chauds et profonds avec des aigus faciles, ornés de ce qu’il faut de voile pour l’émotion. C’est une grande expressivité et un sens remarquable du rythme. Tout cela explique le triomphe que lui a réservé le public du 1988 jazz club. 

Jean-François Picaut


Élisabeth Kontomanou en concert au 1988 jazz club (Rennes)

Avec : Élisabeth Kontomanou (chant), Gustav Karlström (piano et chant)

Son et lumière : Ronan Simon

Le 1988 jazz club • 27, place du Colombier • 35000 Rennes

Réservation : 07 86 15 09 89

Site : www.1988jazzclub.com

Jeudi 16 mai 2013 à 21 h 30

Durée : 2 heures

20 € | 15 € | 7 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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