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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 18:00

Morgen : le triomphe de l’élégance,

du swing et de l’émotion

 

Un(e) artiste indépendant(e) peut-il (ou peut-elle) remplir une grande salle ? Pour Edwige Morgen, la réponse est positive. Le théâtre Le Village à Neuilly-sur-Seine a dû refuser du monde l’autre soir. Et les spectateurs chanceux qui ont trouvé une place ont été subjugués par le charme, l’énergie et le talent de la chanteuse (elle est aussi auteure et compositrice) comme de ses sept musiciens.

 

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Edwige Morgen en concert | © D.R.

 

Au programme, bien sûr, les douze titres (dont dix en français) de son dernier album, Quelque chose dans l’air, distribué par Codaex, mais aussi quelques standards. La qualité d’écoute du public, immédiate, s’est vite muée en empathie. Bientôt, les claquements de mains ont succédé au dodelinement des têtes marquant le rythme. Les applaudissements ponctuaient de nombreux passages, parfois même de façon indiscrète.

 

Mais l’émotion, très forte, a certainement atteint son apogée pour Parfum d’ajonc, une pièce évoquant la Bretagne chère à l’auteur, que la chanteuse a dédiée à son neveu. Pour cette chanson, en duo, Laurent Guanzini, le pianiste, a offert un superbe solo. Le public a semblé chavirer, et seul le professionnalisme d’Edwige Morgen lui a sans doute permis de dominer ses sentiments. Un autre moment très intense a été l’interprétation, seule au piano-voix, d’Eu sei que vou amar de Carlos Jobim, avec tout ce que cela suppose d’engagement et de maîtrise.

 

Repris par la salle !

On notera aussi Que reste-t-il de nos amours ? de Charles Trenet, version swing, repris par la salle ! Plus je t’embrasse de Jacques Hélian, dans un arrangement inspiré de Blossom Dearie, est donné sous forme de medium swing très gai et tendre. Un standard anglais, la ballade Lover Man, interprétée en trio, a également été très applaudie.

 

Swing Song, un des deux titres en anglais du dernier album, concluait le concert. Mais le public insatiable obtenait deux bis : C’est pas d’ma faute si j’aime le jazz et un boogie blues. Pour ce dernier titre, Philippe Dervieux et Edwige Morgen puis Dervieux et Laurent Guanzini tenaient le piano à quatre mains ! Ils étaient accompagnés, pour ces trois morceaux, de tous les autres musiciens : Sylvain Glévarec (batterie), Michel Rosciglione (contrebasse) et les trois soufflants (Patrick Bacqueville au trombone, Jerôme Etcheberry à la trompette et David Sauzay au saxophone). Le concert se terminait dans une atmosphère d’enfer !

 

Tout au long de sa prestation, Edwige Morgen, seule au milieu de tous ses hommes, auxquels la lie une évidente complicité humaine et musicale, a fait preuve d’un investissement extraordinaire. Cette soirée musicale, qui réunissait, dans un très bel écrin, un public non seulement nombreux mais varié en âge, en sexe, en conditions sociales, a su mêler habilement divers univers du jazz. Edwige Morgen a su dépasser les lois du genre pour établir une vraie communion dans la musique, en y ajoutant le charme du français. Après de longues minutes d’applaudissements, le public, épuisé mais ravi, pouvait accoster, plein d’étoiles dans les yeux, aux rives de la nuit. 

 

Benjamin Janlouis

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Edwige Morgen en concert

Avec : Edwige Morgen (chant, piano), Philippe Devieux (piano), Michel Rosciglione (contrebasse), Sylvain Glévarec (batterie), David Sauzay (saxophone), Patrick Bacqueville (trombone) et Jerôme Etcheberry (trompette)

Invité : Laurent Guanzini (piano)

Théâtre municipal Le Village • 4, rue de Chézy • 92200 Neuilly-sur-Seine

Tél. 01 55 62 60 30

Réservations : 01 55 62 60 35

Le dimanche 6 février 2011 à 17 heures

Durée : 1 h 20

21 € | 19 € | 16 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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