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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Centenaire Jean Vilar
Commémoration nationale
25 mars 2012
Madame, Monsieur, Chers Amis,
Ce message s’adresse à tous ceux qui sont en charge d’un établissement artistique et/ou culturel sur notre territoire national tout autant qu’à l’étranger, ainsi qu’à tous les animateurs de compagnies, artistes et auteurs.
Il y a cent ans, à Sète, naissait Jean Vilar. Parfois excessif, le goût de notre pays pour la commémoration a ceci de productif qu’il permet de reconsidérer
certains « grands récits » à la lumière des interrogations contemporaines. Avec Jean Vilar et son entreprise populaire, le jeu est particulièrement actuel, car il a su
réaliser une large partie de son utopie et, depuis, artistes et politiques s’épuisent à relever le défi, même si d’indéniables réussites ont vu le jour – notamment les progrès de la
décentralisation qui fut d’abord dramatique.
Pour célébrer la mémoire de l’étudiant famélique qui allait devenir
– l’élève de Charles Dullin, l’ami de Jeanne Laurent, le compagnon de route de René Char ou d’André Malraux, toutes différences d’opinions et de pensées non pas confondues mais éclairées les unes les autres,
– l’ardent défenseur d’un théâtre de recherche qui allait se retrouver devant les plus vastes assemblées à Avignon et à Chaillot,
– l’honnête homme, en un mot, dont la figure domine incontestablement l’édifice construit depuis la Libération et dont vous êtes, nous sommes les héritiers de quelque manière que nous analysions les détails de l’Histoire,
nous vous invitons à concevoir un moment commémoratif et… populaire !
Par exemple, en proposant à vos publics, le soir du 24 mars ou au cours de la journée du 25 mars (qui tombe un dimanche, et sachant que le jour exact de la naissance de Vilar est le 25), la lecture par un de vos artistes ou membres du personnel présents d’une réflexion de Jean Vilar, ouvrant elle-même à un débat autour du service public de la culture…
Quelques citations nous viennent spontanément à l’esprit :
Un poète et tout sera sauvé.
Le Théâtre national populaire est un service public tout comme l’eau, le gaz et l’électricité.
Le public d’abord, le reste suit toujours.
Théâtre populaire signifie apprendre ; et apprendre libérer l’homme.
Artistique ou culturelle, une entreprise qui ne s’aventure pas est une entreprise inutile.
La culture est une arme qui vaut ce que valent les mains qui la tiennent.
Ceux d’entre vous qui entretiennent un lien fidèle avec le fondateur du Festival d’Avignon et directeur du Théâtre national populaire n’auront aucun mal à trouver dans leur propre mémoire ou leur bibliothèque un texte « référence »… À l’attention des autres, nous nous permettons de renvoyer à l’ouvrage Le Théâtre, service public ou à Mémento (Gallimard) qui nous paraissent rassembler la haute figure de leur auteur et la pertinence de sa pensée.
Nous vous remercions de bien vouloir apporter votre contribution à cet hommage national et restons à votre disposition pour toute information complémentaire.
Rodolphe Fouano, rédacteur en chef des Cahiers Jean Vilar
Jacques Téphany, directeur délégué de l’Association Jean-Vilar
Recueilli par
Les Trois Coups
Pour en savoir plus : Maison Jean-Vilar
Centre ressources ouvert à Avignon depuis 1979, la Maison Jean‑Vilar concentre des espaces d’exposition, une vidéothèque, une bibliothèque spécialisées dans les arts du spectacle, et propose des rencontres et des spectacles ainsi que des ateliers pédagogiques. L’Association, qui conserve les costumes de scène du T.N.P. (période 1951‑1963), des maquettes et de nombreux documents manuscrits et photographiques, édite aussi des ouvrages sur l’aventure du théâtre populaire et une revue, les Cahiers Jean Vilar, inscrivant la pensée du créateur du Festival d’Avignon dans une perspective contemporaine.
Le nº 112 vient de paraître : correspondance inédite de Vilar avec son épouse Andrée, catalogue de l’exposition présentée à Sète, revue de presse couvrant la mort de Vilar en mai 1971.
Envoi franco de port (7,50 euros).
Maison Jean-Vilar • montée Paul‑Puaux, 8 rue de Mons • 84000 Avignon
Tél. 04 90 86 59 64
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
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