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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Une énergie en manque de sens
Accueillie du 20 au 22 juillet 2012, sur la scène du petit théâtre de L’Odéon dans le cadre des Nuits de Fourvière, la compagnie et école de cirque australienne Circa présente sa dernière création baptisée du nom pour le moins original de « C!rca ».
« C!rca »
© Justin Nicholas
Circa revendique un cirque qui se passe de mots, tant ces derniers sont incapables de relater la puissance des numéros exécutés. En effet, le travail de la compagnie se fonde sur l’absence de personnages avec des rôles précis, l’absence également de scénarios ou de thèmes fixes. La performance suffit à elle seule, semble‑t‑il, à porter le spectacle… Pas si sûr…
Ils sont au nombre de sept interprètes, quatre garçons et trois filles, à enchaîner les numéros. Sur scène, entrées et sorties se multiplient, chacun fait son show, puis en duo ou en trio, formant en permanence de nouvelles combinaisons et offrant ainsi autant de possibilités. On passe sans ménagement de la danse acrobatique à toute une succession de portés ; à de nombreuses séries d’équilibre succède un numéro de corde… Avec ceci d’intéressant que les interprètes bousculent par leur punch les clichés. En effet, on découvre avec joie que le rôle de porteur n’est pas l’apanage des hommes et que les femmes peuvent aussi bien faire voltiger leur partenaire, qu’il soit masculin ou féminin.
Des partis pris qui laissent parfois sceptique
De même, de nouveaux types de positions ou de figures telles que le porté par la bouche ou la marche sur la poitrine de sa partenaire sont ici développés pour le meilleur… comme pour le pire. En effet, là où certains partis pris impressionnent, d’autres par leur manque d’élégance ou d’intérêt (on pense notamment au numéro où une des interprètes marche avec des talons hauts sur le corps de son partenaire) laissent pour le moins sceptique.
Côté tenues et décors, là encore, pas de chichis : Circa affirme s’en affranchir (ce qui importe, souvenez‑vous, c’est la performance). Ainsi, les interprètes sont vêtus de rudimentaires justaucorps et pantalons de gymnastique donnant à certains moments l’impression d’assister à un cours de gymnastique rythmique sportive dans une Allemagne de l’Est des années 1970. La musique, quant à elle, oscille entre des samples énergiques de musique électronique et des morceaux plus instrumentaux.
De C!rca, on retient son incroyable énergie, avec quelques passages mémorables, tel le fabuleux numéro de cerceau sur la musique de la Valse à mille temps de Jacques Brel, cette capacité à faire rire et à bousculer les clichés. Mais on déplore tout de même l’absence de fil conducteur qui réduit finalement cette création à une succession de numéros. Nous sommes certes à des années-lumière des tigres dressés, cracheurs de feu et autres clowns, mais un peu éloignés aussi de la recherche de sens qui contribue à faire la richesse du nouveau cirque. ¶
Élise Ternat
Les Trois Coups
C!rca, de Yaron Lifschitz
Conception, mise en scène : Yaron Lifschitz et la compagnie Circa
Avec : Valérie Doucet, Casey Douglas, Freyja Edney, Darcy Grant, Scott Grove, Emma McGovern, Lewis West
Lumières : Jason Organ
Costumes : Libby McDonnell
L’Odéon • Les Nuits de Fourvière • 1, rue Cleberg • 69005 Lyon
Réservations : 04 72 32 00 00
Du 20 au 22 juillet 2012 à 22 heures
Durée : 1 h 15
25 € | 20 €
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