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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Gueule de bois
Par Trina Mounier
Les Trois Coups.com
Faire un spectacle sur Charles Bukowsky dont la vie fut mise en scène, mise en roman, dont la vie même donna lieu à plusieurs personnages de roman autobiographique, c’est entrer dans un vertige et… une impasse.
« Bubu’s Blues » | © Trina Mounier
C’est pourtant le parti pris de Marie-Paule Laval qui cosigne la mise en scène et la conception du spectacle avec Bruno Boëglin, qui attire sur son seul nom un large public. On doit à ce grand poète de la scène quelques‑uns des plus beaux spectacles des trente dernières années, il est vrai. Mais ce spectacle‑ci, disons‑le tout net, ne fait pas partie de ceux qui s’impriment dans la mémoire.
L’idée des deux metteurs en scène – mais le projet, semble‑t‑il, est plus collectif (et familial) que cela puisque le fils du couple, Romain, signe la dramaturgie et l’autre fils, Seymour, la bande‑son, le reste de la distribution (une douzaine de personnes sur la petite scène de L’Élysée) étant composé d’une bande de copains – est de livrer un show, à la Andy Warhol, en hommage à Henry Chinaski, un des nombreux alter ego de l’auteur.
Des scènes d’ivrognerie…
Show, il y a bien. Andy Warhol, par contre, est plus difficile à trouver… Comme est quasi invisible tout parti pris de mise en scène. On retiendra de ces courtes scènes successives des scènes d’ivrognerie, avec immense frigo rempli jusqu’à la gueule de bière, des personnages qui ont du mal à tenir debout, jettent par la fenêtre tout ce qui leur passe par la main, parlent de cul, rigolent, etc.
Au passage, on discerne la silhouette d’Arthur Miller qui fut son ami, on évoque Kerouac, on récite un poème, on fait référence au long passé de postier de Bukowsky, entre autres. Mais on n’apprend guère du rêve d’écrivain, de la passion des livres de l’auteur, de ce qui fit de lui, derrière le provocateur, le fou, l’ivrogne, un poète à la renommée internationale que d’aucuns élèvent au rang d’Hemingway. Ni d’ailleurs de sa vie misérable… On en reste à l’écume des jours, aux images partout véhiculées, notamment par le sujet lui‑même. Seule vraie réussite, l’enchaînement des musiques… ¶
Trina Mounier
Bubu’s Blues, d’après Charles Bukowski
Mise en scène : Marie-Paule Laval et Bruno Boëglin
Dramaturgie : Romain Laval
Jeu : Laeticia Lalle Bi Bennie, André Blatter, Bruno Boëglin, Cathy Chancrin, Jean‑Louis Delorme, Catherine Ducarre, Matthieu Grenier, Marie‑Paule Laval, Romain Laval, Julien Negulesco, Gérard Fontaine, Nicole Marcey
Avec la voix de Gordon Hart
Scénographie et lumière : Seymour Laval
Création son et saxophoniste : Olivier Granger
L’Élysée • 14, rue Basse-Combalot • 69007 Lyon
04 78 58 88 25
Du 8 au 13 octobre 2012 à 19 h 30
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