Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 21:13

Ève Weiss et ses comédiens : un sans-faute

 

En 1989, Xavier Durringer créait « Bal-trap », sa pièce la plus connue à ce jour, dans la toute petite salle du Guichet-Montparnasse. Deux décennies plus tard, elle y est à nouveau programmée. Chronique douce-amère sur l’amour et le désamour, la pièce est servie par des comédiens très convaincants et la mise en scène à la fois sobre et nerveuse d’Ève Weiss. Un sans-faute.

 

« La fête s’achève et les derniers se pressent / c’est comme dans un rêve et y a plus rien à boire, bonsoir / C’est l’heure des folies permises, enfin / l’heure où je ne comprends plus rien / la fête s’achève, plus une cigarette… » chantait Daho en 1984 dans Saint Lunaire dimanche matin. On dirait Bal-trap…La torpeur et la mélancolie de la fin du bal, les cadavres de bouteilles, une guirlande… et deux cigarettes, que Gino partagera finalement à contrecœur avec Muso. Pour l’un, ce sera un peu la cigarette du condamné, pour l’autre, celle de la renaissance.

 

bal-trap2 sophie-anita

« Bal-trap » | © Sophie Anita

 

Bal-trap est souvent présenté comme une pièce réaliste. Et pourtant… il y a du Beckett chez ces quatre personnages, clowns tristes égarés au bout de la nuit… Entre « en attendant l’amour » et « fin de partie »… Gino et Lulu reviennent en pèlerinage sur les lieux de leur rencontre et de ce premier baiser, dont ils cherchent en vain à retrouver la chaleur. Bulle, petite chose écorchée par la vie, attend son homme et se ronge les ongles. Muso n’attend rien et tout à la fois, tout disposé à s’abandonner à l’amour. Ces quatre-là vont s’aimer et se désaimer, entre espoirs et désillusions, rires et larmes, sous le regard à la fois complice et voyeur du musicien qui, tel le chœur antique, assure les transitions et commente l’action. Son violon, tantôt lyrique, tantôt démoniaque, décline toutes les notes de l’Amour.

 

Cette petite musique de nuit est délicieuse. La langue vive et crue de Durringer est restituée avec finesse, dans une mise en scène légère et cadencée. Chacun des comédiens joue sa partition avec tant de générosité et d’inspiration qu’on finirait par penser que la pièce a été écrite pour eux. Letti Laubies et Christophe Petit touchent au cœur, Caroline Rivet et Laurent Collard sont lumineux, et Séverin Dupouy charmant. Une très belle distribution pour une très jolie pièce. 

 

Sophie Lecerf

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Bal-trap, de Xavier Durringer

Compagnie Tête en l’air

www.teteenlaircie.fr

Compagnie du Pandor

www.compagniedupandor.fr

Mise en scène : Ève Weiss

Avec : Letti Laubies, Christophe Petit, Caroline Rivet, Laurent Collard, Séverin Dupouy

Décor et costumes : Caroline Mexme

Lumières : François-Éric Valentin

Le Guichet-Montparnasse • 15, rue du Maine • 75014 Paris

Réservations : 01 43 27 88 61

Du 17 mars au 15 mai 2010, du mercredi au samedi à 20 h 30

Durée : 1 heure

18 € | 13 € | 8 €

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher