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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
« Sainte Jeanne des abattoirs »
de Bertolt Brecht
Mise en scène : Catherine Marnas
Du 15 au 25 mars 2007 › Grand Théâtre
Traduction : Gilbert Badia
Décor : Carlos Calvo et Michel Foraison
Costumes : Dominique Fabrègue
Lumières : Michel Theuil
Création son : Madame Miniature et Fred Granier
Musique originale et chants : Alain Aubin
Avec : Mathieu Bonfils, Guillaume Clausse, Julien Duval, Odille Lauria, Franck Manzoni, Maud Narboni, Tonin Palazzoto, Olivier Pauls, Bénédicte Simon, Claire Théodoly, Martine Thinières
Académie de chant populaire – Le chef de choeur : Alain Aubin
Les Chapeaux noirs : Paule Barbier, Véronique Besnard, Christian Bovier-Lapierre, Dominique Guérin, Max Minniti, Déborah Nabet
Les ouvriers : Daniel Barraud-Andersen, René Borruey, Renée Calmettes, Chantal Camenen, Valérie Ciccarelli, Julien Cordier, Georgina Delagrange, Nathalie Demaretz, Béatrice Durocher, Béatrice Fontaine, Annick Fornier, Philippe Oddou, Corinne Oualid, Aram Petrossian, Pierre Reiff, Anne Roche, Danielle Roussel, Marc Saquet, Édith Traverso, Louis-André Valette
La pièce
Pierpont Mauler, roi de la viande et magnat de la conserve, veut se débarrasser de ses concurrents en les entraînant à la faillite, ce qui a pour effet « secondaire » d’accroître le chômage et le désespoir des travailleurs.
Membre des Chapeaux noirs, Jeanne Dark croit à la pitié, elle entend faire appel aux bons sentiments pour soulager la misère des travailleurs de Chicago.
À l’occasion de la visite des abattoirs à laquelle l’invite Mauler, elle découvre qu’en fait « les pauvres sont mauvais », que le chômage et le dénuement entraînent une dégradation de la morale. Jeanne se rend compte qu’en désamorçant la colère de ceux-ci par des consolations d’ordre uniquement spirituel, elle se fait la complice involontaire des industriels. Elle chasse les « marchands du temple » et du même coup perd son emploi. À Jeanne qui veut rester neutre est confié un message qui doit entraîner dans la grève une autre usine, mais les doutes l’assaillent en cours de route et elle déserte : la violence n’est-elle pas mauvaise en soi ? C’est l’échec de la grève générale, tandis que Mauler triomphe : il a monopolisé le marché. Jeanne, à l’agonie, est transportée à la maison des Chapeaux noirs, où les fabricants de conserve étouffent sous des chants liturgiques ses ultimes supplications et la canonisent.
« Pour une certaine pièce de théâtre j’avais besoin comme arrière-plan de la Bourse aux céréales de Chicago. Je pensais, grâce à quelques questions auprès de spécialistes et de praticiens, pouvoir me procurer rapidement les connaissances nécessaires. La chose tourna autrement. Personne, ni certains économistes connus ni les hommes d’affaires, personne n’a pu m’expliquer suffisamment les mécanismes de la Bourse aux céréales. J’en retirais l’impression que ces mécanismes étaient tout bonnement inexplicables, ce qui veut dire non saisissables par la raison, ce qui veut dire encore simplement déraisonnables. La façon dont les céréales du monde entier étaient réparties était tout bonnement inconcevable. De n’importe quel point de vue autre que celui d’une poignée de spéculateurs, ce marché des céréales était un extraordinaire marécage. »
Bertolt Brecht, Notes autobiographiques, 1935
Recueilli par
Les Trois Coups
Représentations
Du 15 au 25 mars 2007 > Grand Théâtre
Mardi, mercredi à 19 heures
Jeudi, vendredi, samedi à 20 heures
Dimanche à 15 heures
Durée du spectacle : 2 h 15
Renseignements, réservations : 04 91 54 70 54 par téléphone, au théâtre, du mardi au samedi, de 12 heures à 18 heures
Tarifs : de 9 à 21 €
Éditeur et agent du texte représenté : Arche Éditeur
Rencontre avec le public, mardi 20 mars, à l’issue de la représentation
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