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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 17:57

« Les Bonnes »

(reprise de la création 2006)

 

Les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 février 2007 à 20 h 30

Séances scolaires le jeudi 22 et le vendredi 23 février à 14 heures

Salle du Chapitre – Théâtre des Halles – Avignon

Durée : 1 h 35

En tournées à partir de septembre 2007

 

Mise en scène, scénographie : Alain Timar

Avec : Lisa Pajon (Solange), Alexandra Castellon (Claire), Marcelle Basso (Madame)

Lumière, décor : Stanislas Pierre

Image, son : Hughes LeChevrel

Costumes : Angélique Duchene

Maquillage : Édith Arnaud

Construction du décor : Théâtre des Halles

Décor floral et accessoires : Élizabeth Baumard

Administration générale : Laurette Paume

Chargée des relations publiques : Sophie Choulot

Production Théâtre des Halles – Cie A. Timar
 

« “La juvénilité éternelle de Genet fait penser à un ange qui porterait sur son visage la férocité des fauves” écrivait Yukio Mishima.

Toute l’œuvre de Genet n’est peut-être qu’une longue déclaration de guerre. Jamais il ne déposa les armes. Il demeura jusqu’au bout, envers et contre tous – et d’abord contre lui-même – dans ce lieu où la société l’avait, dès la naissance, placé et qui est le lieu le plus solitaire et le plus peuplé de la terre : dehors. C’est pourquoi, sans doute, “peu d’œuvres sont aussi troublantes et dérangeantes que la sienne, aussi inconfortables pour les schémas de pensée habituels, aussi profondes et étrangement poétiques”.

 

Jean Genet s’est sans doute inspiré du fameux crime des sœurs Papin pour écrire les Bonnes. Crime qui, en 1933, fascine les foules et occupe la une des journaux. La revue Détective titre : “Deux anges ? Non ! Deux monstres qui, au Mans, arrachèrent les yeux de leur patronne. Orbites vides, crâne défoncé, mais vivante encore, la victime mourut après une atroce agonie.”

 

L’art de l’écrivain et le feu du poète transfigurent cette histoire en une métaphore dérangeante et fascinante de la vie et de la société…

 

Solange et Claire, deux sœurs, travaillent en tant que bonnes au service de Madame. Elles rêvent d’assassiner leur patronne. Chaque soir, elles répètent en secret la scène fatale, jouant à tour de rôle les trois personnages du drame. Mais elles n’arrivent pas à leur fin : Madame échappe au “tilleul empoisonné”. Dans une totale confusion mentale, Claire s’identifiant à Madame, le boit… avec la complicité meurtrière de Solange.

 

Une histoire d’amour et de haine à trois portée au paroxysme. Une intrigue en forme de cérémonie sacrificielle comme dans les tragédies antiques. Un rituel expiatoire qui exalte la position du martyr. Une atmosphère sacrée qui scande les paroles et imprègne les corps et les gestes. Une intrigue qui sème le doute, qui fait vaciller les limites entre le vrai et le faux, le juste et l’injuste, le bien et le mal, le beau et le laid, la réalité et le rêve, le vécu et l’imaginaire. Une intrigue où jeux de miroirs, faux-semblants et trompe-l’œil bousculent notre esprit et font exploser les valeurs et les codes communément admis. Ça brûle à l’intérieur comme à l’extérieur et ça nous brûle aussi.

 

Comment, dans ces conditions, la machine théâtrale peut-elle débusquer la vérité des êtres ou des faits ou en percevoir ne serait-ce qu’un reflet ? Illusoire objectif certainement ! Le mieux étant de jeter le trouble, entretenir les ambiguïtés, les ambivalences, accuser l’inextricable complexité de la nature humaine et continuer à questionner ce mystère… jusqu’au vertige. Il faut rompre évidemment pour cela avec le réalisme du jeu. Genet parle de conte : certes, mais un conte philosophique et symbolique ancré dans un jeu charnel, psychique, fantasmatique, incisif et exacerbé. »

Alain Timar

 

Recueilli par

Les Trois Coups


Théâtre des Halles • 4, rue Noël-Biret • 84000 Avignon

Renseignements : 04 90 85 52 57

Télécopie : 04 90 82 95 43

Réservation : 04 32 76 24 51

Courriel : theatrehalles-cie.timar@wanadoo.fr

Site : www.theatredeshalles.com

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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