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15 juillet 1992 3 15 /07 /juillet /1992 17:09

Mort aux beaufs !

 

Ce soir, j’ai revu le spectacle d’Amar : « Y’en Amar le mort ». L’année dernière, j’ai dit tout le bien que j’en pensais, en insistant sur la dimension de l’être humain hors normes.

 

theatre2-reduit.jpg

 

Cette fois, j’aimerais cerner la philosophie de l’artiste. Tout d’abord, regardez attentivement l’affiche de son spectacle. Singulièrement – par rapport à la majorité des shows « comiques » –, l’affiche est sobre. Non seulement elle n’est pas racoleuse, mais elle est plutôt inquiétante. Alors que d’autres font la retape avec un rire obscène et fabriqué qui se veut communicatif pour les « cochons de payants », Amar ne sourit même pas et tient une tête de mort dans la main.


Et le spectacle est à l’image de l’affiche : sobre. Mais la sobriété dans l’esprit et non dans la lettre. Car, dans la mise en scène et dans le dialogue, Amar ne fait pas précisément dans la dentelle. On en prend plein la gueule. Mais Amar a un secret : il est membre du club très fermé des artistes comiques qui ne confondent pas grossièreté et vulgarité. Et son show est presque constamment drôle. Même si, pour ma part, je n’aime pas le sketch « hémoglobineux ». En revanche, j’ai beaucoup apprécié son nouveau personnage de l’étudiant en droit.


Le rire provoqué par Amar est un rire qui fouille, qui va au profond, qui dérange, donc. En ces temps de consensus mou, cet artiste a un autre secret : il n’anesthésie pas ses spectateurs, il les réveille. Cela a un nom très simple et très beau : le respect du public. 


Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Y’en Amar le mort

Le Paris • 5-7, rue Henri-Fabre • Avignon

À 22 h 15, du 9 juillet au 3 août, relâche : lundis et mardis

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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