Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 juillet 1993 3 14 /07 /juillet /1993 23:44

Un texte qui pue la mort

 

Je pourrais vous raconter l’histoire d’« Escurial ». Je pourrais. Mais je ne vous raconterai que les traces.

 

theatre2-reduit.jpg

 

D’abord : des hurlements de chien qui nous signalent que la tragédie est en marche. Des confidences qui fouaillent. Des murmures de maîtres et d’esclaves fous. Des stridences qui nous vrillent le cœur. Des voix qui bavent la souffrance, la haine, la jalousie, la domination, la servilité. Des histoires de pouvoir, de pouvoir de vie et de mort. Des rires énormes qui finissent par casser. Des fulgurances de musique qui nous glacent.

 

Ensuite : paroxysme de l’être et du paraître. Humour comme dernière cartouche. Langue incantatoire et magique. Michel de Ghelderode ne disait-il pas : « Sans cette incantation verbale qui le rend dépendant de la Magie, le théâtre se désagrège de lui-même, s’émiette en paroles, renonce à sa primauté sur les autres formes littéraires, et récuse son pouvoir obsessionnel ou possessionnel, se prestige ! » Un texte qui suinte la dégringolade des corps, et qui pue la mort. Du sang, de la sueur et des larmes. De la beauté aussi, à pleines brassées.

 

Enfin : des décors majestueux et beaux qui nous cernent. Des lumières d’une beauté grandiose et subtile. Un Diden Berramdane et un Claude Lesko, qui jouent dans la cour des grands, secondés par une équipe irréprochable.

 

Et un spectacle qui est déjà bien parti pour être un des meilleurs du Off 1993. 

 

Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Escurial, de Michel de Ghelderode

Mise en scène : Diden Berramdane

À l’espace Jeanne-Laurent • Avignon

À 18 heures et 21 heures

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher