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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
L’âme assassinée par un criminel du cœur
Une femme, seule, attend l’homme qu’elle aime…
Le décor (Gérald Ascargorta) et les éclairages, le fond noir nous indiquent déjà que la tragédie de chambre est en marche.
Et le verbe se fait cri. Cri avant le râle ?… On assiste, impuissants, à la progression de l’inexorable.
Les mots qui disent les maux, qui hurlent les bleus à l’âme. L’âme avide, l’âme fêlée, l’âme bouffée, l’âme détruite, l’âme squattée par un « bel indifférent », l’âme assassinée par un criminel du cœur. Que vous aurez envie de jeter en prison.
Ce « chemin de croix » s’adresse aux salauds et aux pleutres du sentiment… que nous sommes tous !
La mise en scène d’Olivier Morançais et de Gérald Ascargorta est réduite à une épure, centrée sur l’essentiel : la plaie d’amour. Les lumières (Marie-Hélène Pinon) et la musique (Emmanuel de Gouvelo) ont l’intelligence de la nécessité.
Catherine Hamilty entre en crucifixion tous les jours à 17 heures, pour vous. La moindre des politesses exige que vous alliez l’écouter et la voir, avec compassion. On ne donne jamais trop d’amour. Jamais. ¶
Vincent Cambier
Les Trois Coups
Le Bel Indifférent, de Jean Cocteau
Chapelle Saint-Thomas • Avignon
À 17 heures, du 8 juillet au 2 août
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
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