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22 juillet 1995 6 22 /07 /juillet /1995 16:38

Pinterrissime

 

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Dans le Gardien, on a l’impression que Pinter a attrapé trois humains dans la main, comme on le ferait avec des mouches, et les a enfermés, vivants, dans un bocal. Pour voir. Regard d’entomologiste sur les hommes-insectes pris au piège. D’où un malaise certain. Mais où veut-il en venir ? Comédie ou tragédie ?


Davies, cabossé par la vie, galérien de l’existence, traîne derrière lui un passé douteux et ne peut prétendre qu’à un avenir incertain. Mick, obsédé de l’ordre, cache mal un profond désordre intérieur, coloré de sadisme. Aston, enfin, « à côté ». Toujours. À l’écart des autres, de lui-même peut-être.


Charles Tordjman compose un Davies profondément humain, aux facettes multiples, éternel cocu de l’Histoire. Olivier Comte interprète un Mick trouble, ambigu et dangereux. Et Jean-Marc Galéra nous impose, avec une grâce infinie, son Aston au cœur fêlé et à la tête cassée. À travers la voix blanche de son récit (le plus beau moment), il nous fait toucher l’horreur tranquille. Chapeau, messieurs !


La scénographie (B. Penalba) et les lumières (P. Nègre) sont composées avec un soin extrême. La mise en scène de Charles Lee est branchée directement sur le courant de l’univers pintérien. 


Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Le Gardien, de Harold Pinter

Théâtre du Big Bang 18, rue Guillaume-Puy • Avignon

Du 7 au 30 juillet à 17 heures

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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