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17 juillet 1996 3 17 /07 /juillet /1996 19:00

Subjonctif et subjugué

 

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Temps beau fixe relève de la gageure. D’abord parce qu’il est très difficile de faire œuvre théâtrale à partir d’un texte plutôt romanesque. Texte qui inclut même quelques jolis imparfaits et plus-que-parfaits du subjonctifs, tels que : « Non que je dusse, que j’eusse dû… » Ensuite parce que le « héros » a une vie parfaitement banale, anodine, qui, a priori, n’a pas d’intérêt.


Or c’est vraiment réussi… pour les spectateurs qui acceptent d’entrer dans ce type d’univers. Un univers peuplé de petits riens, d’évènements banals, qui, observés avec un regard décalé, deviennent fantastiques.


Le texte de Raymond Segré est fait en dentelle de Calais, brodée au petit point, très fin, très serré. On y pêche quelques bijoux d’humour absurde, comme : « Peut-être m’étais-je, à mon insu, serré la main » ou « Quand je suis seul avec moi-même, l’humour passe mieux » ! Ou encore, à la question cruciale d’une serveuse de restaurant qui demande au narrateur : « Comment voulez-vous votre viande ? », celui-ci répond après longue discussion et tergiversation extrême : « Une cuisson raisonnable » !


Ce récit est, aussi, d’une humanité et d’une générosité bouleversantes.


Enfin, il faut dire que l’œuvre de l’auteur Segré est parfaitement servie par le jeu tout en finesse et la diction impeccable de l’acteur Raymond Segré. 


Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Temps beau fixe, de Raymond Segré

Mis en scène et joué par Raymond Segré

Théâtre du Bourg-Neuf • 5 bis rue du Bourg-Neuf • Avignon

04 90 85 17 90

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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