ACCUEIL | POURQUOI CE JOURNAL ? | L’ÉQUIPE DES RÉDACTEURS | LE LIVRE D’OR | NOUS ÉCRIRE | NOUS SUR FRANCE CULTURE | NOUS SUR « LE MONDE »
« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Spectateur, laisse-toi conter la rentrée
Le 29 septembre dernier, c’était la rentrée au théâtre de l’Allan, à Montbéliard. L’équipe aurait pu programmer un bon classique, un Molière par exemple, ou un spectacle de cirque – les Montbéliardais en sont très friands –, histoire de faire salle comble et de commencer la saison en fanfare. Mais ce serait la méconnaître, voire la sous-estimer. À L’Allan, on fait du théâtre militant, on réveille son spectateur, on lui ouvre les yeux et on fait des propositions. Gagné par l’audace, le théâtre a choisi de mettre en lumière une association locale délicatement baptisée À la lueur des contes. Sur scène nous attendaient, pour ce premier soir, un pianiste et une femme. Simplement.
C’était un peu risqué, ce pari. Un grand piano à queue, sur fond noir. Sa laque brille, il trône. Devant lui, un pianiste du conservatoire aussi talentueux que doté d’une personnalité originale, Pascal Keller. Le noir se fait, longtemps. Puis des notes jaillissent, doucement. Mapie Caburet entre alors, discrètement. Sa voix porte, son allure de petite fée rigolote nous replonge illico dans nos souvenirs d’enfance, et on succombe très vite au charme des récits que la conteuse nous a réservés.
© Gilles Roussy
Réservé aux adolescents et aux adultes, ce spectacle présente des contes provenant des quatre coins du monde, contes qui, comme le veut le genre, sont aussi légers que subtils. La forme est ludique, soulignée par les mimiques de notre conteuse, ses effets de voix, ses gestes, tous justes et signifiants. Cette qualité d’interprétation et de sélection témoigne de la grande valeur, que l’on peut aussi qualifiée de poétique, du travail de l’association À la lueur des contes, créée en 2001 dans le pays de Montbéliard et que je vous invite à suivre de près. Le principe est simple : trois conteurs, tous les vingt-neuf du mois, tentent de captiver leur public dans l’une des vingt-neuf villes de l’agglomération montbéliardaise. Ce soir de septembre inaugurait cette tradition. Mais je vous entends vous interroger. S’agit-il vraiment de théâtre ?
Je vois ce que vous voulez dire. Oui, cela aurait pu être un désastre que ce concept de « contes musicaux », tel qu’il était décrit sur la plaquette de L’Allan. On a trop souvent vu au théâtre que le mélange des genres est un risque que tous ne savent pas prendre harmonieusement, je vous laisse apprécier l’euphémisme. Mais la conteuse, le pianiste et même le piano sont vraiment devenus des personnages sous nos yeux, parce que Mapie Caburet, Pascal Keller et Raphaël Boissenet ont tout à fait réussi à faire dialoguer le texte, la musique et la lumière. Cette soirée fut aussi théâtrale que belle. Comme une invitation à aiguiser notre œil de spectateur à l’aube de cette nouvelle saison, à le guider vers l’implicite, à l’éloigner du spectaculaire pour qu’il savoure le sublime, le vrai sublime. À la sortie, on se sent tout neuf, tout gagné par cette sensibilité douce que cette soirée nous a passée sur le corps comme une crème hydratante conçue pour apaiser les esprits fatigués. Thérapeutique, le théâtre : je l’ai toujours dit. Vivement la prochaine fois ! ¶
Maud Sérusclat
Les Trois Coups
Voyages
Compagnie À la lueur des contes, avec l’association Musique classique en liberté
Mise en espace : Kévin Crawford
Avec : Mapie Caburet, Pascal Keller
Costumes : Olivier Bériot
Lumières : Raphaël Boissenet
Musique originale composée et improvisée : Pascal Keller
L’Allan, scène nationale de Montbéliard • rue de l’École-Française • 25200 Montbéliard
Réservations : 0 805 710 700 (numéro vert gratuit)
Le 29 septembre 2009 à 20 h 30
Durée : 1 h 15
17 € | 12,5 € | 8,5 € | 7 €
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
Lire la suite.
Derniers commentaires