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3 août 1993 2 03 /08 /août /1993 22:15

Un grand du « Off »… et du Festival

 

Philippe Minyana, auteur très prisé, est « habité » par la recherche de la langue du théâtre. Interview.

 

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Philippe Minyana | © Jean-Julien Kraemer

 

Que présentez-vous cette année ?

Philippe Minyana : Où vas-tu, Jérémie ? qui est une pièce écrite en 1988, en résidence d’écriture à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, et montée par Édith Scob, dont c’est la première mise en scène. C’est une personne avec qui je travaille depuis pas mal d’années. Elle a joué plusieurs de mes textes, et on a une connivence assez grande. En outre, elle est la femme de […], qui est un compositeur avec qui j’ai déjà travaillé et pour qui je travaille en ce moment. Je travaille donc avec, comme on dit, « une famille de travail ». En conséquence, j’ai réécrit des éléments du texte pour le spectacle. Souvent un texte n’a pas forcément son point final tant qu’il n’est pas passé par l’épreuve du plateau. On peut le remanier, le changer. Ça dépend des textes… Mais il y a des textes, celui-là notamment, qui le permettent.

Ensuite, je présente Murder, mon dernier texte, mis en scène par Robert Cantarella, un de mes autres partenaires de travail avec qui je travaille depuis dix ans. Ce sera une espèce de lecture-spectacle parce que c’est joué par des élèves-comédiens de première année de l’É.R.A.C. (École régionale d’acteurs de Cannes).


Pourquoi écrire du théâtre plutôt qu’autre chose ?

Philippe Minyana : D’abord parce que, depuis tout petit, j’ai voulu être comédien. Je l’ai été, je ne le suis plus. Je ne veux plus l’être. C’était un rêve très précis quand j’avais environ dix ans. Je pense que l’écriture a été, en fait, une façon d’accéder au théâtre plus facilement que d’être acteur. D’abord, l’écriture est une chose solitaire. J’ai envoyé un texte au Théâtre Ouvert de Lucien-Michel Attoun en 1980, et ça a démarré comme ça. Du coup, j’ai été acteur après, finalement.

Ensuite, le théâtre, le lieu même du théâtre me bouleverse : les odeurs, le fonctionnement, la vie d’un théâtre, qui est très particulière. Donc, je n’écris que parce qu’il y a théâtre. Pour l’instant, en tout cas. Peut-être qu’un jour j’écrirai des nouvelles. En ce moment, je lis beaucoup de nouvelles sud-américaines, latino-américaines. Mais, pour l’instant, je n’écris que parce qu’il y aura plateau.


Qu’y a-t-il de spécifique dans l’écriture théâtrale ?

Philippe Minyana : C’est une langue parlée, à parler, qui sera projetée. Donc, elle a son rythme, ses propriétés. Elle est très différente de la langue romanesque. Je suis toujours gêné, au théâtre, quand j’entends une langue plate, une langue morte, une langue de roman aussi belle soit-elle, si elle n’est pas « mâchée » pour la scène. Un de mes buts est donc de rechercher la langue de théâtre. Je ne suis pas le seul, d’ailleurs. Nous sommes beaucoup d’auteurs préoccupés par la syntaxe de la langue de théâtre.


Et quand vous écrivez, pensez-vous aux sonorités ?

Philippe Minyana : Je ne cesse pas de penser à ça. C’est l’objectif numéro un. Je la dis, la langue, je la profère. C’est une chose que je teste toujours. Elle passe par mon propre système respiratoire.


Votre théâtre est-il plutôt pessimiste ?

Philippe Minyana : Je parle beaucoup de la mort, de l’angoisse et de la guerre. Mais je ne pense pas qu’au résultat cela soit gris ou sombre. Je crois – ça fait quand même plus de dix ans que je suis joué – que les gens rient beaucoup à mes pièces. Donc, même si les thèmes sont liés au social déglingué, aux difficultés de l’homme sur l’univers, je pense que la façon de le dire, l’humour sont toujours inclus là-dedans. C’est pour ça, je pense, que je parlais tout à l’heure de nouvelles latino-américaines. Ça me plaît beaucoup – peut-être parce que j’ai des origines espagnoles – parce qu’il y a toujours cohabitation entre le grotesque et la mort. Ça, ce sont mes thèmes. En tout cas, je me sens très proche de cet univers-là, où il y a toujours ces deux choses associées, l’une n’allant pas sans l’autre. J’écris peu de monologues, mais il y a eu beaucoup de pièces très « monologuées », où il y avait ces diarrhées verbales où sont toujours associés les coq-à-l’âne, une forme de langue parlée, mais pour la scène, qui est très différente du café-théâtre et du téléfilm. Et je m’amuse vraiment à l’écrire, je ris beaucoup. Je suis mon premier rieur. J’aime bien qu’on puisse rire, c’est très important.


Pour Salle des fêtes, l’idée des interviews de veuves de guerre et d’anciens combattants est-elle venue de vous ?

Philippe Minyana : Oui, mais j’ai tout réécrit. La commande était lourde à porter, car je devais à la fois faire du training d’acteurs (à l’école du Passage de Niels Arestrup), écrire, faire répéter et créer le spectacle. C’était beaucoup en un trimestre ! Ça m’a paru très très lourd.

J’ai écrit plusieurs pièces à l’aide d’interviews, c’est-à-dire recueillir des histoires réelles, tout simplement. Soit je prends des histoires réelles que les gens m’ont livrées, soit je travaille sur le journal, sur Libération notamment. Même si après c’est transposé, je ne travaille que sur le réel, c’est-à-dire des éléments qui ne sont pas en moi, en fait – je pique des éléments de ma biographie comme à tout le monde, mais c’est le geste de tout créateur.

J’avais donc travaillé comme ça et j’avais trouvé un bienfait, justement, dans l’oral que je recevais, le fonctionnement des phrases, les rythmes, les énergies mêmes de la phrase. Et, pour des jeunes acteurs, je m’étais dit que ça pouvait être intéressant d’aller écouter les gens, même comme un exercice. (Et c’étaient les prémices de la guerre du Golfe.) Ils ont donc fait des interviews, et, à partir de là, j’ai fait une matière théâtrale.


Vous dites que vous ne vous intéressez qu’au réel. Mais est-ce que ça n’aboutit pas ainsi à du « reality-show » ?

Philippe Minyana : Ça n’a aucun rapport. Le « reality-show », c’est à la télévision que ça se passe. Ça dépend ce qu’on en fait, aussi, comment on met ça en scène. Vous savez qu’Inventaires avait quelque chose du « reality-show », sauf que c’était écrit en 1987 et qu’à l’époque, ça n’existait pas, le « reality-show ». Suivant la façon, aussi, dont c’est monté, bien ou mal, on peut avoir des résultats très différents. Certaines pièces sont sacrifiées. Tchekhov aussi, je veux dire. Si Tchekhov est mal monté, on dit : « Qu’est-ce que c’est chiant ! » ou « Qu’est-ce que c’est mauvais ! » Mais, moi, ça m’amuse, au contraire, qu’on me dise : « Reality-show ! » J’en suis fier, presque, puisque ça n’existait pas à l’époque !


D’après vous, votre succès vient d’où ?

Philippe Minyana : Parce que je suis souvent joué. Les gens voient la progression de mon travail. Je bouge, j’évolue, je n’écris pas toujours la même chose.

En outre, je parle du réel et je crois que ça touche beaucoup beaucoup les jeunes acteurs. Je reçois beaucoup de lettres, je fais beaucoup de stages d’acteurs sur mes textes et je vois que c’est ça qui les touche : la réalité, pas le réalisme. Ce n’est ni du théâtre du quotidien ni du théâtre réaliste, mais ça part du réel pour arriver à une langue de théâtre. Après, le succès, c’est une chose parfaitement momentanée, imprévisible, et c’est tant mieux. Enfin, j’ai eu pas mal de textes joués, et les gens ont eu l’occasion de voir différents aspects de mon écriture et sur quoi je travaillais : je crois que c’est ça, le succès.


Un bon comédien, c’est quoi ?

Philippe Minyana : C’est quelqu’un qui travaille. C’est un bon artisan. Une des vertus du théâtre, justement, c’est l’artisanat, c’est-à-dire de ne jamais oublier les premiers éléments du théâtre, que tout le monde puisse comprendre, qu’on puisse le faire partout et que ça ne coûte pas des milliards. Je suis pour un théâtre non pas pauvre mais immédiat, lancé, jeté, un théâtre où la parole est importante, justement. Alors, un bon comédien, c’est quelqu’un qui travaille beaucoup, qui est à l’écoute du monde, à l’écoute de comment parlent les gens… Idéalement, évidemment, c’est la fameuse « innocence » de l’acteur, être dans l’innocence comme si on ne savait rien à chaque fois, partir de zéro… Mais ce sont des paroles, ça ! En France, on a plein de bons comédiens, on est très gâté.


Vous assistez aux répétitions ?

Philippe Minyana : Oui, mais pas toujours. Là, avec Édith Scob, je n’ai pas assisté aux répétitions. J’ai écrit dans mon bureau des choses qu’elle me demandait : rajouter des chansons, changer deux ou trois choses, rajouter une séquence, en enlever une autre… Donc, j’ai adapté la pièce au spectacle, je dirais. C’est ça aussi, l’aventure du théâtre : pouvoir être modeste, toujours, par rapport à son travail, pouvoir se dire qu’on peut faire mieux, qu’il y a des choses à améliorer, à réactualiser (la pièce a été écrite en 1988). Je raconte des choses qui ont déjà vieilli. Je les ai donc coupées. Édith Scob a fait un bel hommage au théâtre. J’ai déjà vu des filages, évidemment. C’est une espèce d’hommage au théâtre en général, au théâtre de marionnettes, au théâtre de foire, au spectacle de clown… Il m’a donc fallu adapter la pièce à cette décision dramaturgique.


Quand vous êtes convié aux répétitions, intervenez-vous ?

Philippe Minyana : En général, quand on me demande de venir, c’est pour que j’intervienne. Donc, aussi bien Cantarella que Scob… Je suis allé récemment à Cannes voir le travail sur Murder, et j’ai donné mon avis, bien sûr.


Avez-vous des auteurs ou des pièces de théâtre préférés ? Si oui, lesquels ?

Philippe Minyana : C’est un peu un cliché, mais j’ai eu le coup de foudre pour Tchekhov il y a belle lurette… Je crois que j’aime plus des pièces que des auteurs. Ce sont des pièces qui me bouleversent, comme ça. La Cerisaie est une pièce qui me retourne chaque fois. J’aime beaucoup les Paravents, de Genet. J’aime bien Oh les beaux jours !, de Beckett. J’aime beaucoup le Cercle de craie caucasien, de Brecht, une très belle pièce. Plus proches, il y a des pièces de Novarina que je trouve très très belles, une pièce de Koltès que j’aime beaucoup, des pièces de Noëlle Renaude, une très jeune femme qui va être bientôt jouée. J’ai oublié de dire mon chouchou : Botho Strauss. La pièce de Botho Strauss que je relis toujours, c’est Grand et petit.


De Koltès, quelle est votre pièce préférée ?

Philippe Minyana : Roberto Zucco. Je trouve que le théâtre contemporain se porte bien. On dit qu’il n’y a pas d’auteurs. C’est évidemment faux. On a toujours dit ça… Il y a de la mauvaise foi, des gens qui ne lisent pas… C’est très difficile de lire du théâtre : souvent, on reste sur sa faim.


Par rapport au Off, pensez-vous qu’il y a trop de pièces ou que c’est bien comme ça ?

Philippe Minyana : Je n’ai pas à juger ça. Je trouve formidable que tant de gens veulent faire du théâtre. C’est toujours bouleversant que des gens puissent passer des jours et des nuits… et que le théâtre soit une fête quand même, même si c’est épuisant, s’ils y perdent de l’argent… Je trouve ça bien, mais mon jugement est « bateau ». Le problème, c’est qu’il y a l’aspect mercantile qui doit être épouvantable. On loue des lieux à des pauvres gosses des fortunes ! Ça suscite obligatoirement de la lassitude et c’est regrettable. Sinon, des gens jouent dans la rue, aussi. Le théâtre de rue, le théâtre d’appartement reviennent au galop… Des lieux qui ne sont pas des lieux de théâtre, ça va revenir et c’est tant mieux.


En supposant que cela soit possible, seriez-vous pour la gratuité des places de théâtre ?

Philippe Minyana : C’est parfaitement impossible pour les artistes. Je ne pense pas que payer une certaine somme d’argent, ce soit ça qui empêche les gens d’aller au théâtre. On paye bien 40 F pour aller voir un film, pourquoi ne paierait-on pas 50 F ou 60 F pour une pièce ? Je crois que ça s’achète aussi, ces plaisirs-là. Les gens ont tellement de mal à en vivre, tellement d’acteurs sont au chômage, un auteur (même à succès) ne gagne pas si bien sa vie que ça… c’est très difficile, on est joué quinze jours, trois semaines dans un théâtre subventionné, c’est dérisoire pour les grands auteurs. Je ne pense pas que les gens iraient plus au théâtre si c’était gratuit. Alors, il y a tout un système… Maintenant, ça existe dans des communes socialistes. Par exemple, du théâtre d’appartement où on offre à la communauté, donc aux habitants, des spectacles. Alors, c’est bien parce que les gens voient quelque chose, mais, en même temps, il n’y a pas de suivi, c’est une fois de temps en temps, ça ne les éduque pas vraiment. Et puis je trouve que le fait d’aller au théâtre, c’est quelque chose d’important. Faire le choix d’aller vers quelque chose, aller voir une exposition, aller voir un film, aller voir une pièce, ça ma paraît essentiel.


Pour vous, c’est quoi un bon article sur un spectacle ?

Philippe Minyana : Ce n’est pas une critique d’humeur ! Il y a très peu de critiques qui ne sont pas des critiques d’humeur. Bien sûr, il y a des gens qui font des bonnes critiques… Mais ce sont souvent des critiques d’humeur, c’est-à-dire : on aime, on n’aime pas… Il y a beaucoup d’interférences mondaines ou amicales qui font que le jugement, visiblement… Ou alors, il y a aussi des critiques qui font le professeur d’université, qui racontent tout ce qu’ils savent sur Brecht… et il y a trois lignes sur le spectacle ! Trop souvent, on ne parle pas suffisamment de la pièce. On parle des évènements extérieurs, des évènements sociaux, mondains, parisiens, mais on parle rarement d’une pièce. Pour le théâtre contemporain, on n’analyse pas, on donne l’anecdote, rapidement, mais il y a une langue, une construction, un style. On raconte toujours la même chose, on n’invente rien au théâtre, il faut donc montrer comment on le raconte, comment c’est fabriqué, et, ça, c’est rarement dit, je trouve. C’est bien quand une critique est nuancée, tout simplement. Souvent, la critique est une paralittérature, alors, c’est un peu encombrant.


Poussons plus loin : les critiques sont-elles utiles ?

Philippe Minyana : Oui, parce que c’est très important par rapport à l’histoire du théâtre. C’est important de voir ce qu’on pensait de Vitrac ou Brecht ou Ionesco ou Beckett à leur époque. Et les critiques, hélas !, n’ont pas beaucoup de flair !


Et si vous avez des mauvaises critiques, vous réagissez comment ?

Philippe Minyana : Ça me fait de la peine à chaque fois. Ça me fait de la peine pour l’équipe, pour le travail. Et alors, quand c’est vraiment méchant (ça m’est arrivé), ça devient tellement méchant que ça ne me touche pas.


Indépendamment du plaisir artistique, pensez-vous que le théâtre sert à quelque chose ?

Philippe Minyana : Bien sûr, le théâtre sert. Il a toujours servi. Son but, au départ, c’est la catharsis. Il raconte l’histoire des cités. Ça a bougé, évidemment. C’est devenu un art luxueux, souvent, un art réservé. Je crois que le théâtre est une chose assez instinctive, puisqu’il y a de tous temps beaucoup de théâtre amateur, il y a beaucoup de gens qui font du théâtre pour le plaisir du théâtre, de se représenter, de jouer des fictions, d’être quelque chose d’autre… Je crois qu’il y a plusieurs formes de théâtre, en fait : un théâtre un peu réservé, codé, ritualisé par des parisianismes ; et puis le théâtre que les gens font, le théâtre immédiat, comme ça. Je ne dis pas que c’est bon ou mauvais, ce n’est pas le problème. Mais si vous parlez d’un théâtre politique ou à message – on ne peut plus vraiment dire ça en ces termes –, je pense qu’il peut y avoir bienfait, oui. C’est salutaire d’écouter un texte, comme écouter un morceau de musique, comme voir un tableau. Je pense que ça « lave ». Ça rend propre, ça peut faire grandir, aussi. Il y a des pièces, j’en sors, je ne dors pas de la nuit tellement je suis bouleversé. Ça peut transformer, je pense. J’ai vu deux pièces d’Edward Bond au Théâtre de la Ville, cette saison. J’étais dans une euphorie extraordinaire de savoir qu’on montait ces gens-là et qu’on les montait bien. De voir toutes ces énergies mises en scène pour qu’on entende ces textes… je trouve ça magnifique. Oui, le théâtre est utile, évidemment. Il a même une dimension autre, qu’on n’a pas dans son quotidien. Ça apporte de la fiction, la fiction nécessaire, ça renvoie aux vertiges des fictions, ça donne une dimension supplémentaire au quotidien, à l’ordinaire. C’est extra-ordinaire. 


Recueilli par

Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Ses écrits :

Philippe Minyana est un auteur de théâtre très souvent joué au Festival d’Avignon. Il a écrit notamment :

– Élisabeth de, édité par l’auteur, 1980 ;

– Laura dans l’olivette, Théâtre Ouvert, 1980 ;

– le Dîner de Lina, éd. L’Avant-Scène, 1984 ;

– Fin d’été à Baccarat, éd. Edilig, coll. « Théâtrales », 1984 ;

– Ariakos, éd. Théâtrales, 1985 ;

– Ruines romaines ; Quatuor, éd. Edilig, coll. « Théâtrales », 1986 ;

– Inventaires, éd. L’Avant-Scène, 1987 ;

– Chambres ; les Guerriers ; Volcan, éd. Théâtrales, 1988 ;

– Où vas-tu, Jérémie ?, éd. Théâtrales, 1989 ;

– les Petits Aquariums, Actes Sud-Papiers, 1989 ;

– Boomerang ou le Salon rouge, éd. L’Avant-Scène, 1990.

 

Traduction :

Cervantès (Miguel de), le Siège de Numance, traduction de Jean-Paul Préau et Philippe Minyana, Actes Sud-Papiers, 1992.

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