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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 21:23

« Dom Juan »,

de Molière

 

Mise en scène : Cyril Le Grix

Avec : Jean-Pierre Bernard (Dom Juan), Catherine Jarrett (Elvire), Alexandre Mousset (Sganarelle), Philippe Fossé (Dom Luis, le Pauvre, le Spectre), Carole Schaal (Gusman, Charlotte, Ragotin), avec la voix de Laurent Terzieff (le Commandeur)

Adaptation et scénographie : Cyril Le Grix

Costumes : Catherine Lainard

Lumières : François-Éric Valentin

Design sonore : Benjamin Le Calvé

 

La pièce

Créé le 15 février 1665, Dom Juan connaît un très vif succès. Mais dès la seconde représentation, Molière est obligé de corriger certains passages. Il est accusé de « tenir une école de libertinage » en mettant sur la scène un personnage qui « attaque avec audace » les dogmes de la religion. Avec Dom Juan, Molière ne se soucie pas de renouveler avec l’Église les polémiques suscitées par son Tartuffe en 1664. Mais malgré sa nomination par Louis XIV de « Chef de la troupe du roi », la cabale des dévots finit par l’emporter et le roi lui fait dire de ne pas insister. La pièce n’est pas reprise, Molière ne la fait pas imprimer, et elle ne sera plus représentée de son vivant. Surcroît de disgrâce, en 1677, à la demande des comédiens de l’hôtel Guénégaud, Thomas Corneille en écrit une version versifiée, dans laquelle il s’est « réservé la liberté d’adoucir certaines expressions qui avaient blessé les scrupuleux », et c’est sous cette forme dénaturée et méconnaissable que Dom Juan sera joué à la Comédie-Française jusqu’en 1841.

« L’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus. »

 

Note d’intention

Oublié l’amoralisme suranné d’un être étranger à la douleur de son frère humain ! Oubliée la débauche épicurienne d’un grand seigneur impie ! Dom Juan a vieilli.

Ce monde est trop petit pour lui, il étouffe. Il s’est épuisé dans sa quête de plaisirs immédiats, incapable de conjurer son désœuvrement.

Le divertissement n’est plus pour lui que la forme mesurée de son désespoir.

Je n’ai jamais été convaincu par l’authenticité de la liberté que Dom Juan prétend instituer. Je vois plutôt dans le personnage l’incarnation d’une angoisse existentielle sans cesse refoulée, qui alourdit ses chaînes au lieu de les briser.

La révolte de Dom Juan est avant tout métaphysique. C’est en elle que se trouve la démesure du personnage ; non dans ses frasques ! Car comment expliquer l’énergie ainsi déployée à la recherche d’autres mondes ?

Le divertissement est pour lui la seule manière de se détourner de la pensée de sa condition humaine, de la conscience de sa propre finitude. Jusqu’au jour où les défis de ce héros de la vacuité envers toute forme d’autorité, de règle et de morale, ne lui permettent plus de dissiper le poids de l’Ennui.

L’athée se met à douter de son athéisme.

Cyril Le Grix

 

Recueilli par

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Dom Juan, de Molière

Théâtre Mouffetard • 73, rue Mouffetard • 75005 Paris

Réservations : 01 43 31 11 99

Du 24 septembre au 21 novembre 2009, du mercredi au vendredi à 20 h 30, samedi à 21 heures, dimanche à 15 heures, matinée supplémentaire mardi 20 octobre 2009 à 18 heures (relâche exceptionnelle dimanche 1er novembre 2009)

Rencontre avec les artistes à la bibliothèque Mouffetard le samedi 17 octobre 2009 à 15 heures

Prix des places : 22 € et 15 € tarif réduit (jeunes de moind de 30 ans, personnes de plus de 65 ans, demandeurs d’emploi)

Durée : 1 h 30

Production La Torche ardente Cie

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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