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12 juillet 2000 3 12 /07 /juillet /2000 15:16

Quelle jolie cruauté !


Par Vincent Cambier

Les Trois Coups.com


« Le sujet est un paysan qui s’est marié à la fille d’un gentilhomme, et qui, dans tout le cours de la comédie, se trouve puni de son ambition. » (Molière, juillet 1668.) Pourquoi en raconter plus ?

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À partir de là, tout est possible. Jacques Descorde le sait. Il a inventé – avec une rouerie confondante de vieux briscard et un culot de jeune fou furieux – une machine à broyer Dandin. Celui qui n’a rien compris. Celui qui porte ses génitoires en sautoir. Celui qui a cru pouvoir souiller impunément l’âme et le corps d’Angélique, grâce à ses sales sous.

M. de Sottenville, Clitandre, Lubin, Colin, Mme de Sottenville, Angélique, Claudine, s’emploieront à l’affoler, à le mater, à le briser. Le taureau terrien Dandin aura beau se dandiner, gesticuler, boustifailler sa colère dans la scène-arène, les banderilles le blesseront, le bouleverseront, l’abattront.

L’interprétation-danse d’Olivier Comte et de Carole Thibaut est étincelante. Ils déploient leurs lianes langoureuses sur un pas de deux vénéneux. Ils enserrent, assomment, noient et écrasent Dandin‑Alain Duclos, qui n’a d’autre ressource que de se laisser crucifier. 

Vincent Cambier


George Dandin, de Molière

La Compagnie des Docks • 58/60, avenue John-Kennedy • 62200 Boulogne-sur-Mer

Mise en scène : Jacques Descorde

Avec : Olivier Comte, Carole Thibaut et Alain Duclos

Lumières : Christophe Gens

Théâtre du Bourg-Neuf • 5 bis rue du Bourg-Neuf • Avignon

04 90 85 17 90

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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