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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 15:14

Trop fort, ce Pascal


Par Céline Doukhan

Les Trois Coups.com


Pascal Rousseau met beaucoup de lui-même dans « Ivre d’équilibre ». On sent chez lui la joie d’être devant un public qui, au fil des années, lui a taillé un beau succès, depuis ses spectacles sur le parvis du centre Beaubourg jusqu’à cette création, belle synthèse de ses talents de jongleur et d’équilibriste.

Le « gymnase » du collège de La Salle était plein comme un œuf pour la dernière du spectacle. Pascal Rousseau a su séduire son monde, c’est certain. L’homme dégage un vrai charisme. Imaginez un grand gaillard, visage taillé à la serpe, vêtu d’un ample costume mille-feuilles avec cape, petit gilet, pantalon bouffant et bottines en cuir souple. Ajoutez une fine natte le long de la nuque. Un style, comment dire… « guerrier bohème » ? Et je ne vous parle même pas des abdominaux en tablettes de chocolat extra-fort.

Le défi, pour Pascal Rousseau, habitué des spectacles de rue et des numéros de type cabaret, était de trouver une dramaturgie propre qui puisse lier les différents numéros entre eux, et de trouver une ambiance, une couleur qui crée un véritable univers. L’artiste relève en grande partie ce défi avec l’aide du metteur en scène Éric Bouvron et du musicien Éric Bono. Côté mise en scène, ces cailloux que Pascal Rousseau tente d’empiler les uns sur les autres sont une jolie idée. Jusqu’où monteront-ils ? C’est évidemment une image de la performance de l’équilibriste, montrée comme fragile et aléatoire. Rousseau est certes là pour nous en mettre plein la vue, mais pas seulement.

Pour scénariser ses impressionnants numéros, il nous raconte ses souvenirs d’enfance, avec son grand-père. D’un tonnelet s’écoule un mince filet de sable. C’est une authentique vanité vivante que compose en fait cette mise en scène ! Mais, en réalité, ce sont trois registres qui se superposent. D’abord, la dramaturgie elle-même, avec le récit fragmentaire de Pascal Rousseau. Puis, l’interaction étonnante avec le public. L’artiste fait en effet abondamment appel à des « hommes forts » présents dans la salle pour l’épauler (c’est vraiment le mot) dans divers numéros. Enfin, les numéros proprement dits. Alors, certes, les trois ne forment pas toujours une synthèse très aboutie, mais il reste le grand talent de Pascal Rousseau, plus convaincant d’ailleurs en équilibriste qu’en jongleur.

Il serait assez difficile de décrire exactement en quoi consistent les acrobaties invraisemblables exécutées par le saltimbanque. Toujours est-il qu’on retient son souffle, qu’il marche sur une corde ou fasse le poirier sur une planchette posée au sommet d’un empilement de rouleaux qui tanguent dans tous les sens. C’est très beau, et en plus il fait tout ça avec le sourire, ce qui ne gâche rien.

Enfin, les éclairages et la musique contribuent à créer une ambiance onirique qui nous capte dès l’entrée en scène. La mélopée continue, cependant, est parfois un peu envahissante, comme lors d’un numéro avec une chaise pendant lequel on baisserait volontiers le son. 

Céline Doukhan


Ivre d’équilibre, de Pascal Rousseau

www.pascalrousseau.com

Mise en scène : Éric Bouvron

Composition et interprétation musicale : Éric Bono

Regard complice : Laurent Sallard

Création lumières : Jimmy Thavot

Création costumes : Claudio Soro

Décors, accessoires : Pascal Rousseau

Diffusion : Cirque baroque-le Puits aux images | baroque.lecirque@free.fr

Collège de La Salle • place Pasteur • 84000 Avignon

Réservations : 04 32 70 01 92

Du 8 au 30 juillet 2009 à 15 heures (jours pairs)

Durée : 1 heure

16 € | 11 € | 6 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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