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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 17:21

Oui, la femme reste l’avenir
de l’homme


Par Jean-François Picaut

Les Trois Coups.com


Le Théâtre du Kariofole présente à l’espace Alya un montage de textes consacrés à des histoires de femmes du monde entier. Ce spectacle, qui mêle des textes littéraires et des témoignages, nous convie à réfléchir, de façon très sensible.

Le Théâtre du Kariofole est une compagnie professionnelle implantée depuis près de vingt ans à Ris-Orangis. Sous la houlette de Catherine Regula, comédienne, auteure et metteuse en scène, il défend, au sein d’une maison des jeunes et de la culture, un théâtre créatif pour une culture de proximité et les valeurs de l’éducation populaire.

C’est dans les yeux brûlés des femmes met en scène trois comédiennes qui tour à tour jouent et lisent des textes de Calixthe Beyala, Chadortt Djavan, Taslima Nasreen, Amélie Nothomb mais aussi Samira Bellil, une rescapée des viols collectifs que l’on nomme « tournantes », et Souad, victime d’un crime que l’on ose qualifier « d’honneur ». Tous ces textes disent l’horreur des traitements infligés aux femmes, dans certaines sociétés, mais aussi, hélas, à notre porte. Ils nous parlent de cette perversité installée, par la tradition et les hiérarchies religieuses, au cœur même de la relation entre hommes et femmes. Ils dénoncent une éducation qui n’est parfois qu’un formatage pour des rôles convenus.

C’est dans les yeux brûlés des femmes est donc un spectacle qu’on peut qualifier de féministe. Mais, qu’on ne s’y trompe pas, ce féminisme-là est avant tout un humanisme. S’il revendique au nom des femmes, c’est bien pour « libérer »les hommes et les femmes.

Qu’on n’aille d’ailleurs pas croire que C’est dans les yeux brûlés des femmes est un spectacle de bas-bleus ! C’est un spectacle, émouvant, poignant même, qui s’adresse à notre sensibilité autant qu’à notre intelligence en utilisant toutes les ressources du théâtre, y compris les masques et les marionnettes. Je ne parle pas du professionnalisme et du talent des comédiennes.

C’est dans les yeux brûlés des femmes a pour sous-titre, car l’humour ici ne perd jamais ses droits, « Histoire d’une blonde qui se convertit au féminisme ». Cette blonde, c’est chacun d’entre nous, qui ne veut pas voir, ne veut pas entendre, a peur d’être dérangé, se dit que quelqu’un d’autre se chargera bien d’intervenir, qu’après tout nous vivons dans une société moderne et avancée et que, peut-être, il faut laisser le temps au temps.

Je me disais, vers la fin du spectacle, que j’aimerais voir cette pièce interprétée par de très jeunes comédiennes, et pourquoi pas issues de ces quartiers que l’on dit sensibles ? Bonne pioche ! On m’apprend que c’est justement le projet de Catherine Regula et de ses camarades : prochainement, elles passeront le flambeau à leurs jeunes élèves. Car le Théâtre du Kariofole se soucie aussi de préparer le passage de témoin et consacre une part de son activité à l’enseignement. En attendant ce jour, ne manquez pas d’aller voir, dans cet espace Alya où les comédiens sont chez eux, C’est dans les yeux brûlés des femmes : vous ne regretterez pas ces instants d’intense émotion. 

Jean-François Picaut


C’est dans les yeux brûlés des femmes, montage de textes de Calixthe Beyala, Chadortt Djavan, Taslima Nasreen, Amélie Nothomb, Samira Bellil et Souad

Une création du Théâtre du Kariofole

Contact : kario@freesurf.fr

Montage et mise en scène : Catherine Regula

Avec : Joëlle Charvenet, Corinne Deroide, Catherine Regula

Espace Alya, salle C • 31 bis, rue Guillaume-Puy • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 27 38 23

Du 24 au 31 juillet 2009 à 18 h 55

Durée : 1 h 15

12 € | 8 € | 6 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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