Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 17:56

Amour, amour… Tracas nº 1


Par Lise Facchin

Les Trois Coups.com


Personne ne présente plus Fred Vargas, auteur de nombreux romans policiers pleins d’humour et d’intelligence. « L’Abolition des tracas » conserve cette verve pétillante et subversive. Non, on ne présente plus Fred Vargas. Par contre, on ne présente pas assez sa « sienne jumelle » : Jo Vargas, peintre et scénographe. Un vrai talent de l’incisif et de la sobriété. Mais pourquoi diantre s’être laissé aller à la facilité d’un spectacle pour comédienne seule ?

La salle des Ateliers d’Amphoux était l’endroit rêvé pour monter un Vargas avec son appareil de pierres apparentes toutes blondes. Sur la scène : un chantier. Un chantier d’archéologie, ou bien d’une maison qu’on retape avec de l’enduit, des bâches, une brouette dans un coin et un banc composé d’une planche et de moellons. Une toile peinte est tendue en travers de la porte et ressemble fort à un détail de Géricault… On entre et Orianne Littardi est assise en tailleur, jouant de la flûte dans un tibia, observe un crâne. Tout le propos du spectacle sera de tenter de répondre à cette question : « Pourquoi le sable sec s’échappe quand on serre le poing ? » et, surtout, que faire pour que l’être aimé ne s’échappe pas de la même façon. Un spectacle naval et scientifique pour tenter d’échapper aux naufrages de l’amour et balancer par-dessus bord les préjugés encombrants.

Ce texte, donc, se présente comme une démonstration scientifique ponctuée d’humour et d’intelligence. En d’autres termes : c’est un véritable guêpier pour comédien. Comme il est facile dans ce genre d’entreprise de tomber dans le show humoristico-lourdingue ou, bien pire, de ne jamais emmener le spectateur plus loin que le bout de son siège ! À plus forte raison si ce comédien est seul à tenir la partition… Il était tout à fait possible d’introduire d’autres personnages, même muets. Mais les spectacle-monologues connaissent une fortune que je ne m’explique pas…

Si la mise en scène, par des astuces de déplacements, de lumières ou d’accessoires, tente de rythmer le spectacle, elle n’y parvient pas toujours. Il m’arrivait donc de me perdre un peu en route. Cela étant, si mon esprit quittait la scène par moments, il y retournait toujours, capturé de nouveau par l’énergie d’Orianne Littardi, pétillante et gracieuse.

Finalement, c’est une véritable abolition des tracas. Du moins de ceux qui nous flinguent l’existence : j’ai nommé les tracas de l’amour. Une abolition par le rire et la dérision, à grand renfort d’imaginaire et d’exagération. Un spectacle qu’on emporte un peu avec nous, par le sourire qu’il nous laisse aux lèvres. 

Lise Facchin


L’Abolition des tracas, d’après le Petit Traité de toutes les vérités sur l’existence et Critique de l’anxiété pure de Fred Vargas

Mise en scène : Lulu Menase

Scénographie : Jo Vargas

Avec : Orianne Littardi

Lumières : Pablo Roy

Musique originale : Lyonnel Borel

Maquillages et costumes : Nathalie Charbaut

Les Ateliers d’Amphoux • 4, rue d’Amphoux • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 86 17 12

Du 8 au 31 juillet 2009 à 14 h 30

Durée : 1 h 15

16 € | 12 €

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher