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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 21:00

Toby or not Toby ?


Par Olivier Pansieri

Les Trois Coups.com


Ne dites pas : « Je l’ai déjà vu ». D’accord, ce n’est pas la première fois que Carlo Boso met en scène « la Nuit des rois » de William Shakespeare. Mais ici (cour du Barouf à 22 heures), sa troupe de jeunes comédiens joue, chante et fait tous ses tours avec une maîtrise et un art qui époustouflent et que, honnêtement, elle n’a pas toujours eus. Pirouettes, acrobaties, déplacements, jeu, tout est réglé au cordeau. Avec, en prime, le texte pour une fois presque intégral, et une Olivia je ne vous dis que ça.

C’est une histoire de jumeaux. Une jeune fille, Viola, et un jeune homme, Benjamin, craignent chacun que l’autre ne soit mort. Tout se passe dans un royaume imaginaire où un duc Orsino est éperdument épris d’une comtesse Olivia, qui porte le deuil de son frère mort et repousse donc les avances du duc. De son côté, pour parer aux mésaventures et ressusciter son cher frère, Viola a pris son apparence. Elle se fait donc appeler Césario et sert le duc, dont elle tombe amoureuse. Croyant avoir affaire à un homme, Orsino charge Viola-Césario de plaider sa cause auprès de la cruelle Olivia, c’est-à-dire de sa rivale.

Comme à son habitude l’A.I.D.A.S. (Académie internationale des arts du spectacle) a planté ses tréteaux en plein air sous les arbres. De vrais tréteaux en bel et bon bois. Tout comme les costumes simples mais beaux d’Emanuelle Bredoux sont en soie, lin, cuir, et bon coton. On commence par un madrigal chanté là, en canon, par toute la troupe à la belle étoile. En une cabriole et deux roulades, Arlequin, pardon Feste, envoie promener la mélancolie un rien posée d’Orsino. C’est parti pour deux heures de farce et d’intrigues menées tambour battant par ces farfadets de tous les pays.

Deux « bandes » se croisent dans cette pièce : les farceurs et les amoureux. Côté farceurs, Sir Toby et Sir Andrew tirent joliment leur épingle du jeu ; Maria ferait bien d’articuler son texte, qui le mérite. La vraie surprise vient de Feste, qui fait de son bouffon un extraordinaire zébulon, et de Malvolio, qui est profondément vrai. La mise en scène le fait presque boiter dans ses bas jaunes à jarretières croisées, illustrant la farce cruelle dont il est victime. Côté amoureux, Viola et Orsino sont moins touchants que drôles, commedia dell’arte oblige. Jean Bude rend tout de même à merveille l’égarement de son duc ambigu.

Mention spéciale à Marine Jardin, dont la comtesse Olivia touche, fait rire et sourire comme rarement. Une actrice très fine. Signalons aussi la grande qualité des gags et pantomimes, dont Carlo Boso et Danuta Zarazik ont truffé leur spectacle. En contrepoint, des parties chantées, elles aussi parfaitement au point, achèvent d’en faire une fête galante réussie. Seule ombre au tableau : les moustiques. 

Olivier Pansieri


La Nuit des rois, de William Shakespeare

Académie internationale des arts du spectacle

www.academie-spectacles.com

Mise en scène : Carlo Boso

Avec : Éline Berthuit, Jean Budde, Luca Bozzi, Camille Brazzini, Laure Caillet, Marianne Crozatier, Renaud Gillier, Étienne Guérin, Marine Jardin, Charly Labourier, Maud Landau, Élise Touchon-Ferreira, Pierre Serra, Sophie Vaussard

Adaptation : Carlo Boso, Pascal Arbeille

Assistante à la mise en scène : Danuta Zarazik

Direction musicale : Benoît Combes

Escrime artistique : Bob Heddie Roboth

Pantomime : Elena Serra

Chorégraphie : Nelly Quette

Décors : Stefano Perocco Di Meduna

Costumes : Emanuelle Bredoux, Garance Stassart

Production Académie internationale des arts du spectacle | Studio Théâtre de Montreuil

www.stmprod.com

Cour du Barouf • 7 bis, rue Pasteur • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 82 15 98

Du mercredi 8 juillet au dimanche 31 juillet 2009 à 22 heures

Durée : 1 h 40

16 € | 12 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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