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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 16:22

« Écorce de peines » ou la vitalité des mots

 

Du 8 au 31 juillet 2009 à 12 h 10 à la chapelle du Verbe-Incarné

 

« Écorce de peines » est une création qui mélange danse, slam-poésie et musique en direct.

D’ de Kabal est l’inventeur d’une narration contée en deux parties : récit de fin de vie d’un esclave au statut particulier au sein d’une plantation du xviiie siècle, et récit du quotidien des quartiers populaires aux périphéries des grandes villes.

Trois êtres, deux micros, un espace vide : tout s’imagine et se voit. Écorce de peines est un bout d’histoire plein de poésie qui raconte les blessures anciennes, si vives aujourd’hui.

De la danse, des mots, musiques sans instruments, voix porteuses de rythmes, de sons, d’atmosphères et d’histoires… l’Histoire : ancêtres, filiation, compréhension…

Au travers d’un esclave-sage-héros – « Jacquot qu’on casse pas » –, D’ de Kabal questionne l’humain, et appelle à l’amour. L’amour comme seule clé, seule arme, seul remède. Pas de niaiserie, de faux fraternel, de solidarité illusoire. D’ de Kabal parle d’amour, travail véritable, engagement véritable. Son écriture est ciselée, réfléchie, tout autant rebelle que délicate.

Loin des clichés, Écorce de peines nous rapproche d’un peuple, et, au travers de lui, d’une humanité à laquelle nous appartenons depuis des millénaires.

Écorce de peines, est une prise de conscience utile et efficace qui traite avec intelligence de questions si souvent mal posées, aux réponses mal accordées provocant un effet inverse. D’ de Kabal, lui, est bien loin de ces erreurs-là, et sème avec son équipe de belles graines, qui ne pourront donner que de belles récoltes.

Rencontre avec l’auteur et le metteur en scène D’ de Kabal

 

Les Trois Coups. — D’ de Kabal, d’où venez-vous ?

D’ de Kabal. — Je viens, et de Martinique et de Seine-Saint-Denis et du hip-hop, et je suis en même temps en Seine-Saint-Denis, en même temps en Martinique et en même temps dans le hip-hop.

 

Les Trois Coups. — Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’aventure avignonnaise ?

D’ de Kabal. — Eh bien, moi j’ai commencé par le rap, comme beaucoup de mes congénères, et j’ai toujours eu envie d’explorer. Je me considère comme un chercheur. Un chercheur en écrire et en dire. J’ai cherché plusieurs façons de raconter les choses et, à un moment donné, le théâtre est apparu comme une évidence. J’ai commencé sur le plateau en tant que comédien et puis j’ai eu envie d’investir cet espace, puisque je me suis dit que j’avais des choses à raconter qui étaient pertinentes parce que c’étaient les miennes, et pas pertinentes parce que j’ai une vision artistique du monde. Mais par rapport à mon parcours, qui je suis et comment je fonctionne, c’était cohérent d’investir cet espace-là autant que celui du jazz, de la musique…

 

Les Trois Coups. — Dans Écorce de peines, la chorégraphie, le texte, c’est vous ?

D’ de Kabal. — Le texte, c’est moi ; la chorégraphie a été travaillé en binôme avec Didier Firmin, le danseur. Nous avons vraiment beaucoup travaillé pour inventer un langage propre à cette création. Je lui ai dit précisément ce que je voulais. Il a fallu ensemble trouver le dialogue entre le geste et la parole.

 

« Écorce de peines » | © Éric Legrand

 

Les Trois Coups. — Aviez-vous déjà écrit le texte lorsque vous avez travaillé le spectacle ?

D’ de Kabal. — Le texte a été la base, le départ. À partir du texte, nous avons cherché à construire la narration gestuelle. Et nous continuons encore à inventer. C’est un peu comme une cérémonie. Chaque jour réinventer à partir d’une trame commune. Continuer de chercher, d’explorer. Se confronter à chaque public.

 

Les Trois Coups. — Vous avez déjà joué une cinquantaine de fois. Les réactions, justement, du public ?

D’ de Kabal. — Le public reçoit réellement le propos. Nous essayons de faire beaucoup de rencontres à la sortie des représentations. Pas pour raconter pourquoi j’ai fait le spectacle, mais pour entendre les réactions à propos du spectacle. Effectivement, ça fait de l’effet. Et c’est très rassurant, parce que les gens entendent précisément ce que l’on raconte. Ils perçoivent bien que nous ne sommes pas là pour juger qui que ce soit, que nos mots sont des offrandes, qu’ils peuvent se les approprier et en faire ce qu’ils veulent. Ça résonne, et c’est très touchant.

L’objet premier du spectacle, c’est dire aux gens : écoutez qui nous sommes.

Nous sentons qu’ils se saisissent de ça et, du coup, en réaction, ils racontent aussi qui ils sont, et par la même occasion, pour moi, nous sommes à un endroit qui est précieux.

 

Les Trois Coups. — Que peut-on vous souhaiter ?

D’ de Kabal. — Que cette pièce rencontre le public. Que les gens viennent voir et qu’ils entendent ce qu’on a à raconter. Parce que si on est là, c’est que pour nous c’est vital. Si ce n’est pas vital, alors on ne monte pas sur le plateau. Là, il s’agit de dire un truc vital, donc j’ai quand même envie que ce soit un petit peu entendu !

 

Les Trois Coups. — C’est entendu !

 

Recueilli par

Astrid Cathala

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Écorce de peines, conçu par D’ de Kabal

Avec : D’ de Kabal, Didier Firmin, Blade, Ezra, ou LOS (en alternance)

Création son : Timour Cardenas

Création lumière : Nathalie Lerat

Administratrice : Véronique Felenbok

Assistante de production : Emel Hollocou

Du 8 au 31 juillet 2009 à 12 h 10

Chapelle du Verbe-Incarné • 21G, rue des Lices • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 14 07 49

http://www.d2kabal.com

Durée : 1 heure

15 € | 11 €

Coproduction R.I.P.O.S.T.E., Canal 93-Bobigny, A.R.C.A.D.I. (Action régionale pour la création artistique et la diffusion en Île-de-France)

Avec le soutien de la Ferme du buisson et de la Maison de la poésie

R.I.P.O.S.T.E. est soutenue par le conseil général de Seine-Saint-Denis

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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