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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Perrault déjanté
« Rouge ! » est fou. Si vous vénérez les écrits de Charles Perrault, vous allez être déçus : le Petit Chaperon rouge originel a muté. En revanche, pour une injection de trash déjanté, la permanence est assurée au théâtre Le Cabestan.
Camilo Pelegrini n’y va pas de main morte quand il revisite une histoire. Le Petit Chaperon rouge innocent devient Rouge, une adolescente violente en crise avec sa mère ; le loup est un beau gosse brésilien à la tête d’une industrie de pâté de foie ; la mère-grand une présentatrice télé siliconée et le bûcheron un policier qui a des ailes de fée dans le dos. Et je ne vous dis pas tout. Comme dans un film, les actions des différents personnages se déroulent en parallèle jusqu’au dénouement, où les destins se croisent pour le bouquet final. Malgré l’inégale durée des saynètes – certaines sont un peu longues –, c’est délirant, et il y a du rythme !
La mise en scène est elle aussi rythmée. Les personnages montent sur les éléments du décor, utilisent leur silhouette et leurs ombres, et arrivent même à nous faire croire qu’ils prennent l’hélicoptère. Un tour de force avec trois fois rien. Ici, le trois fois rien est un parti pris assumé, à grand renfort de plastique et d’accessoires kitsch. À ce propos, est-il bien nécessaire de laisser ces quatre cylindres en plastique – peu esthétiques – suspendus à chaque coin de la scène, durant la représentation entière ? Certes, le feu de l’action nous les fait oublier, mais ils bouchent l’espace. D’autant plus qu’ils ne servent qu’épisodiquement.
En revanche, les comédiens, eux, sont loin d’être épisodiques. Accrochez-vous, la mère-grand Sandrine Moaligou est absolument déchaînée ! La moindre apparition de l’efféminé Timothée Lepeltier, le papillon-policier déclenche des avalanches de rire dans la salle. Gustavo de Araujo, le loup, pousse de petits jappements en se grattant derrière les oreilles à la perfection. Clotilde Durupt, Rouge, centre autour duquel tout s’articule, apporte une dimension tragique, renforçant l’aspect comique des autres personnages.
Vous l’avez compris, c’est l’occasion de passer un moment de folie divertissant. Amateurs de déjanté, hop ! ¶
Laurie Thinot
Les Trois Coups
Rouge !, de Camilo Pellegrini
Compagnie Santagus • 94, rue Cartier-Bresson • 93500 Pantin
Contact : Gustavo de Araujo | 06 25 67 90 56
Mise en scène : Gustavo de Araujo
Avec : Clotilde Durupt, Timothée Lepeltier, Sandrine Moaligou, Gustavo de Araujo
Création son et lumière : Camille Uvroy
Création costumes : Garance Start
Le Cabestan • 11, rue Collège-de-la Croix • 84000 Avignon
Réservations : 04 90 86 11 74
Du 8 au 31 juillet 2009 à 21 h 15
Durée : 1 h 5
15 € | 10,50 €
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