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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 07:35

Clémentine Célarié : royale


Par Vincent Cambier

Les Trois Coups.com


Une fois de plus, Christophe Correia monte Serge Valletti dans le Off du Festival d’Avignon (voir ici). Ce n’est pas par hasard. J’ai l’impression que ce jeune metteur en scène se pourlèche les babines du verbe vallettien. En tout cas, il n’a pas perdu la main, ce fervent fougueux. Cette fois-ci, c’est au Théâtre du Chien-qui-Fume à 17 h 25 tous les jours. Avec Clémentine Célarié, l’immense comédienne de théâtre et de cinéma, la générosité faite femme.

La pièce en elle-même, pardonnez-moi, je vais avoir du mal à en parler. Pourquoi, me direz-vous ? Parce que ça part dans tous les sens, et tout le temps. Avec toutes sortes de trajets. Sans flécher la route au spectateur. Qui, du coup, est peut-être un peu perdu. D’autant qu’il ne sait pas ça va, non plus. Même si Valletti balise son texte de quelques signaux fluorescents. Avec des phrases lucioles pour éclairer le chemin, nimbé de nuit.

En fait, Valletti se sert de la langue comme s’il jetait des mots en l’air pour voir ce qu’ils vont inventer. Pour voir ce qu’ils vont accoucher en s’entrechoquant, comme des silex. Pour voir s’ils produisent des étincelles bleues, ou jaunes, ou rouges. Pour voir vers quel pays ce lexique nous emmène. Vers quelle étrange contrée étrangère, quelle terra incognita de nos existences. Vers la vie, vers l’amour, vers la mort, vers la lucidité, cette « blessure la plus proche du soleil ».

En ce qui concerne Clémentine Célarié (dirigée au cordeau par Christophe Correia), elle est simplement royale. Totalement imprégnée de ses personnages. Elle domine ce texte fou du haut de la tour de son talent. Elle œuvre avec une maîtrise totale, déployant un art consommé du corps, des gestes, des intonations, des onomatopées… Un (joli) corps et une voix ourlés d’une générosité absolue, comme un offertoire païen dans un temple de théâtre. Elle troue la nuit du plateau du Chien qui fume, la nuit de nos vies. Elle nous caresse, nous charme, nous secoue, nous gifle, nous enrobe de sa grâce.

Quant à Guillaume Collignon, il ponctue joliment le spectacle de ses apparitions funambulesques, comme un clown égaré. 

Vincent Cambier


Pour Bobby, de Serge Valletti

Texte édité chez L’Atalante

Mise en scène et lumières : Christophe Correia

Avec : Clémentine Célarié et Guillaume Collignon

Assistante à la mise en scène : Amandine Raiteux

Scénographie : Franck Béalu

Musique : Hugues Le Bars

Costumes : Tania Zekkout

Production : ID Production, Cie Zibaldoni et Lycoprod

Avec le soutien de l’Association Beaumarchais et de la ville de Morsang-sur-Orge

Contact scène et tournée :

ID Production-Isabelle Decroix • 5, rue de Turbigo • 75001 Paris

01 42 87 96 60 | 06 16 28 82 77

i.d.prod@sfr.fr

www.idproduction.org

Théâtre du Chien-qui-Fume • 75, rue des Teinturiers • 84000 Avignon

Accès handicapé | climatisation | fauteuils | gradins

Réservations : 04 90 85 25 87

http://www.chienquifume.com

Du 8 au 31 juillet 2009 à 17 h 25

Durée : 1 h 15

17 € | Carte off : 12 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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