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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 11:15

Rafraîchissant


Par Élise Noiraud

Les Trois Coups.com


Il faut s’éloigner un peu de la place Saint-Sulpice pour pénétrer dans l’Institut hongrois, rue Bonaparte. Soudain, le calme, les hauts plafonds et… la fraîcheur. Fraîcheur du lieu mais aussi, très vite, fraîcheur de la proposition théâtrale accueillie sur la petite scène cet après-midi. Une jeune compagnie présente une mise en espace de « Pourrie, une vie de princesse », texte « loufoque » et familial. Jeune auteur, jeune metteur en scène, jeunes comédiens et partenariat avec le Théâtre Ouvert. Une mise en espace très intelligente et un moment de plaisir à destination des enfants, mais aussi des adultes. En tout cas, l’adulte que je suis s’est proprement régalé.

Eugénie a neuf ans. C’est une princesse. Coincée entre un frère qui ne pense qu’à creuser un trou pour s’y enterrer et une soeur qui veut tellement se marier qu’elle est prête à épouser son frère, elle n’en peut plus. Rêve d’une vie « normale », « génialement normale », dans laquelle elle retrouverait ses parents, des gens normaux, à qui elle imagine avoir été arrachée par cette famille royale pourrie. Eugénie veut fuir, Eugénie veut escalader le grand portail, voir le monde, ne pas être reconnue, échapper au programme qu’on lui impose quotidiennement. Ras la casquette des visites de maison de retraite et des inaugurations d’autoroute, c’est décidé, elle part ! Mais la vie « normale » dont elle a tant rêvé se révèle bien plus compliquée qu’elle ne l’imaginait. Impossible de trouver les parents idéalement normaux qu’elle cherche, tous les adultes sont tordus, compliqués, enfin, surtout, « pas normaux comme elle ». La rencontre avec un ours dansant sur le point de mourir l’aidera à sécher ses larmes, à dire sa colère et à grandir en découvrant l’amitié.

Loufoque, donc, et pleine de poésie, la trame de cette histoire se tient pourtant étonnamment bien. On rit, on est touché, tout semble clair et lisible. Les choix d’Édouard Signolet, qui a dirigé les comédiens, sont efficaces, évidents, intelligents. Ils font ressortir tant la poésie du texte de Sofia Freden que l’humour de ses personnages. Les comédiens interprètent avec talent des personnages déglingués. Et la lumière toujours allumée dans leurs yeux ouvre des perspectives bien plus vastes que de simples moments humoristiques. Ils parlent aux enfants en ne les prenant pas pour des idiots, en parlant vrai. À partir de là, l’enfant enfoui à l’intérieur de chaque adulte se réveille, jubile, et en demande « encore ». 

Élise Noiraud


Salon du théâtre et de l’édition théâtrale

Entrée libre • de 10 heures à 20 heures

Foire Saint-Germain • place Saint-Sulpice • 75006 Paris

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