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17 juin 2006 6 17 /06 /juin /2006 22:11

Poignardée par l’émotion


Par Vincent Cambier

Les Trois Coups.com


Le jeudi 11 mai 2006 à 21 heures précises, au Petit Louvre à Avignon, se déroulait une visite à une grande dame : Maria Callas. Sa gouvernante nous attendait… « Je vécus d’art, je vécus pour Maria » est un spectacle magique.

maria-callas-72dpi.jpgUne très vieille dame nous ouvre la porte et nous précise que « Madame va arriver ». Madame, c’est la Callas, la cantatrice sublime, la prima donna assoluta ; la très vieille dame, c’est Bruna, sa gouvernante, qui a passé presque toute sa vie à son service.

Mais ce service exclusif, Bruna l’a occupé comme on entre en religion, comme une nonne « fiancée » à Dieu, comme un musulman prosterné vers La Mecque. Même les amoureux de Bruna n’ont pas fait le poids face à la fidélité de la gouvernante pour sa maîtresse, à l’écrasante personnalité. Maria qui a dédié sa vie au bel canto, elle aussi pratiquante d’une religion dévorante : la musique et la passation des sentiments sur scène. Maria, vénérée à juste titre, parce qu’elle était un offertoire généreux au public, parce qu’elle se consumait pour lui sur le plateau, poignardée par l’émotion. Maria qui a aimé passionnément Aristote Onassis, cet armateur flamboyant et tyrannique, pour son plus grand bonheur et pour son immense malheur.

Elena Bermani, totalement identifiée à son personnage, nous raconte toute cette histoire dans le salon de la Callas, tout en nous offrant du thé et des chocolats, en parfaite hôtesse qu’elle est supposée être. Dans la mise en scène fluide et discrète d’Ilza Prestinari, la jolie comédienne (à peine âgée de quarante ans) compose et interprète Bruna (environ quatre-vingts ans) avec une science époustouflante. Tout, dans les déplacements, dans la démarche, dans les gestes, dans le corps, dans le visage, dans le phrasé, trahit une très vieille dame qui a beaucoup aimé et beaucoup souffert, cadenassée – à jamais ? – dans son monde hors du temps, dans l’univers de sa vie avec Maria Callas, sur le territoire de la musique sublime, sur la planète de l’art. Elena Bermani nous laisse le cœur pantelant dans la scène finale, que je lui laisse le soin de vous dévoiler. 

Vincent Cambier


Je vécus d’art, je vécus pour Maria, de Roberto D’Alessandro

La vie de Maria Callas racontée par sa gouvernante Bruna

Traduction : Emmanuelle Bousquet

Tzigane Dérive • 8, rue Guillaume-Puy • Avignon

04 90 82 05 41

e_bermani@yahoo.it

Mise en scène : Ilza Prestinari

Avec : Elena Bermani

Le Petit Louvre • 23, rue Saint-Agricol • Avignon

04 32 76 02 70 | télécopie 04 32 76 02 71

www.petitlouvre.fr

gourdan.de.fromentel@wanadoo.fr

Jeudi 11 mai 2006 à 21 heures

7 € et 5 €

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Publié par Vincent Cambier - dans France-Étranger 1998-2014
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