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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 18:41

Sous le soleil du Cameroun

 

Le titre prévoyait une chose étrange. « Mieux qu’un médicament… un générique ». Énigmatique, certes, et pas vraiment des plus encourageants. Et pourtant, dès l’arrivée au Tarmac de la Villette, les choses s’arrangent. La salle est conviviale, le public bigarré est plutôt rieur, si ce n’est ma voisine qui fait sa mauvaise tête. Présentés pour la première fois en Europe, Valéry N’Dongo et son one-man-show sont annoncés avec une « certaine émotion ».

 

Lumière simple, décor nu, veste en cuir et baskets aux pieds, « Black. James Black » se présente sur scène. Dès le début, il l’annonce : il est acteur et non comédien. Si l’on peut trouver la différence subtile, pour lui, elle paraît évidente : le comédien n’est bon que pour les théâtres tandis que l’acteur… c’est le prestige, le clinquant, en bref le cinéma. Et pour étayer cette différence fondamentale, Valéry N’Dongo va nous dispenser un cours magistral.


Il insère de ce fait dans son histoire tout ce que le septième art contient de lieux de communs et de clichés. Il le scrute, est impitoyable sur ses détails, ses longueurs, ses répétitions. Tout y passe : il enchaîne les genres, met en concurrence les registres et surenchérit sur les scénarios. Avec, bien entendu, comme point de convergence de son tour du monde cinématographique : l’Acteur, le seul, l’unique.


Ainsi, à force de tours de passe-passe linguistiques et de caricatures, Valéry N’Dongo nous entraîne à regarder les choses par le petit bout de sa lorgnette. Avec naturel et aisance, il développe son discours, s’amuse, et ça se voit. Il établit aussi des parallèles et glisse sans sourciller du cinéma américain à celui de Chine avant que ce dernier ne flirte avec un cinéma porno doté « d’une quiétude à la Gandhi ».


Seulement, voilà : à force de nous démontrer combien cette figure est indestructible, James Black nous la rend proche et sympathique. Du coup, la petite salle du Tarmac de la Villette prend, au fur et à mesure, toute sa dimension de convivialité et de proximité. À l’image de l’acteur, le beau Black est partout à la fois, arborant, en toute circonstance, un sourire qui achève de conquérir les rares réticents. Seul maître de sa mise en scène, et invitant dès les premières minutes à la complicité, Valéry N’Dongo nous livre bel et bien une parcelle d’intimité par ses mots métissés où filtrent ses diverses influences.


Le spectacle se termine sans que l’on ait vu le temps passer. Attachant, l’humoriste l’est indubitablement. Pendant un peu plus d’une heure, il mêle, sans reprendre son souffle, ses influences cosmopolites à ses propres souvenirs. Un bon moment donc, que l’on quitte avec du soleil au bord des lèvres, des tournures que l’on aime à retenir et, en souvenir, comme l’envie de réviser nos classiques. 


Maud Dubief

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Valéry N’Dongo, de Valery N’Dongo

Sous le regard extérieur de Lotfi Achour

Le Tarmac de la Villette • 211, rue Jean-Jaurès • 75019 Paris

Réservations : 01 40 03 93 95

Du 10 au 18 avril 2009 à 20 heures, samedi à 16 heures, relâche les dimanche et lundi

Et dans le cadre du festival Sautes d’humour, du 21 au 25 juillet 2009 et du 18 au 2 août 2009

Durée : 1 h 10

16 € | 12 € | 5 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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