Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 23:46

Le hasard n’a pas sa place


Par Amicie de Vannoise

Les Trois Coups.com


En trois temps, William Forsythe et son complice Thom Willems dévoilent aux mirettes parisiennes le fruit de leur longue coopération. Le Ballet de l’Opéra de Lyon sautille ce mois d’avril sur les planches du Théâtre de la Ville à Paris. Les pièces « Second Detail » (1991), « Duo » (1996) et « One Flat Thing, Reproduced » (2000) vont faire claquer des mains.

Quatorze danseurs en collants gris dans un décor uniforme tentent de nous démontrer en quoi William Forsythe a réinventé le ballet, modernisé la danse classique à sa façon. Depuis 1995, Second Detail figure dans le répertoire du maître américain et il est joué par le Ballet de l’Opéra de Lyon. Résultat de dix années de création, chaque détail de cette pièce est pensé, réfléchi. Le hasard n’a pas sa place dans l’œuvre. Les mouvements mêlent danse classique et contemporaine. Spectateur non initié, on pourrait reprocher un usage abusif des pointes. Or l’objectif n’est pas là de répondre à l’acception classique, mais au contraire d’en avoir une lecture contemporaine.

En effet, William Forsythe délaisse l’idée de vitesse au profit d’un déplacement du centre de gravité. Les pointes s’usent, les corps se courbent et s’élancent avec entrain et virtuosité sur la musique de Thom Willems. Créée sur mesure, à la suite d’un long travail de collaboration, la création sonore contemporaine épouse les duos énergiques avec brio. Rythmée, elle accompagne également les danseurs groupés. L’harmonie est de mise, et même exquise, mais la synchronisation n’est pas excellente… malheureusement.

Plongé dans une ambiance tamisée, avec la mélodie d’un piano pour seul partenaire, un couple de danseuses vêtues de noir poursuit la soirée avec Duo. On découvre alors un subtil dialogue entre deux corps gracieux. Esthétique en tous points et le souffle pour rythme, cette danse est impressionnante dans la coordination des mouvements. Néanmoins, il y a quelques longueurs, mais on peut en profiter pour s’attarder sur les détails.

Avec la précision pour maître mot, One Flat Thing, Reproduced est simplement époustouflant ! Les danseurs aux vêtements colorés, type tenues de sport, évoluent autour de tables métalliques. Alors que les bustes, jambes, corps entiers sont successivement visibles par le public, William Forsythe tente de revisiter le rapport à l’espace, autant que les limites du corps. Entraîné dans un élan de rapidité, pris dans une folle agitation, notre regard tente de capter le ballet saccadé. De concert avec la musique de Thom Willems qui oscille entre feux d’artifices et ambiance d’usine à métaux, les mouvements des quatorze danseurs sont tout autant variés que discontinus. Un brouhaha des corps s’instaure, mais aucun geste maladroit ne trouble ce chaos.

La synchronisation, cette fois-ci, est bonne, mais on ne parlera pas de perfection. Enfin, si la danse plaît, encore faut-il savoir apprécier la musique contemporaine qui l’accompagne. Mais, c’est certain, à la sortie, Thom Willems résonne encore dans nos têtes ! 

Amicie de Vannoise


Ballet de l’Opéra de Lyon, de William Forsythe

Chorégraphie : William Forsythe

Décor : William Forsythe

Lumières : William Forsythe

Musique : Thom Willems

Costumes : William Forsythe et Issey Miyake

Théâtre de la Ville • 2, place du Châtelet • 75004 Paris

Réservations : 01 42 74 22 77

www.theatredelaville-paris.com

Métro : Châtelet

Du 7 au 10 avril et du 14 au 16 avril 2009 à 20 h 30

Durée : 1 h 30

17,5 € | 13,5 €

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher