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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 15:57

Trois portraits au service
d’un art engagé


Par Camille Gaubert

Les Trois Coups.com


Dans le cadre du festival Hybrides, la Compagnie G.D.R.A. a proposé sur la scène du Théâtre des Treize-Vents le spectacle transdisciplinaire « Singularités ordinaires ». Celui-ci correspond bien à la ligne directrice de ce festival qui cherche à rendre compte de la création scénique d’aujourd’hui, où « le texte n’est plus la pierre angulaire, mais où il existe au même titre que l’image, la musique, la danse, le cirque, les arts numériques, l’art contemporain », selon Julien Bouffier, un de ses organisateurs.

Singularités ordinaires est bien un spectacle hybride. Autour d’un immense dispositif vidéo en forme de vague, trois artistes évoluent. Il s’agit d’un musicien, d’un acrobate et d’un comédien. Cependant, leurs rôles ne sont pas vraiment définis, et chacun touche aux frontières artistiques de l’autre. Les médias, c’est-à-dire la vidéo, la musique, la danse et le théâtre, se mêlent ainsi selon des correspondances. Celles-ci sont plutôt réussies, car elles font naître des émotions.

Ce dispositif singulier est au service d’un art engagé. Le spectacle est organisé en cinq chapitres à partir de trois portraits d’individus atypiques. Arthur, Wilfride et Michèle sont mis en scène sur grand écran. Leurs vies et leurs pensées sont la base du spectacle. Arthur est un agriculteur occitan à la vocation contrariée de musicien. Wilfride est une danseuse qui rompt avec le ballet classique pour se mettre au service de la danse postmoderne. Et Michèle, un pilier de bar marseillais d’origine algéro-togolaise. C’est à partir de ces trois histoires que certaines valeurs sont mises en avant et expliquées. On a finalement un spectacle qui se rapproche de l’essai.

Il s’agit ainsi de valoriser la marginalité et d’interroger la richesse qu’elle contient. Cette entreprise, aussi louable soit-elle, devient parfois lassante pour le spectateur. Elle suscite des répétitions qui alourdissent le spectacle. En outre, celui-ci ne suggère pas, mais affirme avec force quel modèle de vie et de société il préconise. Par conséquent, en tant que spectateur, il est possible de se demander devant un spectacle autant démonstratif si la suggestion ne serait pas un meilleur moyen pour dire les choses. Même si la démarche ethnologique de Singularités ordinaires est intéressante et que le résultat artistique est plutôt satisfaisant, on peut se demander si le spectacle ne gagnerait pas en légèreté en laissant de côté sa réflexion permanente sur lui-même. 

Camille Gaubert


Singularités ordinaires, du G.D.R.A.

Conception et interprétation : le G.D.R.A., c’est-à-dire
Christophe Rulhes, Julien Cassier et Sébastien Barrier

Texte et musique : Christophe Rulhes

Mouvement et scénographie : Julien Cassier

Jeu d’acteur : Sébastien Barrier

Images : Christophe Modica, Amic Bedel, Edmond Carrère

Montage, mise en image, pièce sonore : Christophe Modica

Images animées et graphisme : Benoît Bonnemaison-Fitte

Costumes : Céline Sathal

Lumière : Adèle Grépinet

Régie et création son : Pedro Theuriet

Régie lumière et direction technique : David Löchen

Construction : Pierre Pailhès et Sébastien Barrier

Production : Armelle Vernier

Diffusion : Émilie Toutain

Regard extérieur : Mathurin Bolze

Aide à la dramaturgie : Jean-Michel Guy

Photo : Isabelle Bruyère

Théâtre des Treize-Vents • domaine de Grammont • C.S. 69060 • 34965 Montpellier cedex 2

Réservations : 04 90 82 40 57

Du 1er au 3 avril 2009 à 21 heures

Durée : 1 h 15

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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