Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 13:03

Énergie débridée et poésie : une soirée éclectique


Par Fatima Miloudi

Les Trois Coups.com


Fulgurant, Tatsuya Yoshida, le batteur de « Ruins Alone », est passé à Nîmes. Une déferlante sonore. Le festival porte bien son nom. Venir écouter « Ruins » relève à la fois du défi et de la passion brute. Entre épreuve et expérience, les irréductibles du « noisy » auront côtoyé les surpris de la dernière heure. Mais, pour rassembler tous les suffrages, les cinq danseuses de « Project Oh ! Yama » achevaient la soirée avec une poétique chorégraphie. Une rencontre des opposés ou un choix bienvenu des complémentaires.

© Éric Bossick

Si l’on ne connaissait pas Tatsuya Yoshida, c’en est fini. Il restera là, bien gravé dans nos mémoires. À le voir entrer ou sortir de scène, on jurerait le calme incarné. On se trompe. C’est une véritable bombe. Enchaînant sans répit, dans un tempo hallucinant, un flux continu de morceaux, il nous submerge littéralement. Seul, jouant de la batterie et d’un sampleur, il délivre une puissance infernale qui mènerait jusqu’à la transe. Digne héritier de Christian Vander du groupe Magma, il est hors norme, mêlant hardcore, musique contemporaine, punk, rock progressif, références classiques… avec une ingéniosité et une virtuosité déroutantes. On ne le suit pas. On le poursuit. Là et pourtant déjà ailleurs. À la fois d’une précision extrême et d’une intensité sauvage, il aura conquis ou rebuté. Quoi qu’il en soit, impressionnant. Pour ceux qui en voudraient davantage, il est en tournée européenne et s’arrête au Triton, à Paris, le 1er mai.

Project Oh ! Yama : cinq danseuses. Un chiffre impair pour jouer de la diversité, des parallèles et de la dissymétrie, des répétitions et des décalages subtils. Pour commencer, un rai de lumière, coupant de façon transversale le plateau noir. Une danseuse entre. Puis, en suspens sur les genoux, dos au public, pieds relevés, développe quelques battements. Mouvement du bras et doigt posé tout près des lèvres. Elle se relève et sort de scène. Une reprise à deux, à cinq. Tout est à l’avenant ; tout en délicatesse et parfaitement calculé. Danseuses classiques que l’on reconnaît à quelques petits pas ou pirouettes, mais toujours avec un port si différent qu’il marque leur spécificité.

© Éric Bossick

Elles sont inventives et enchantent par les poses et les mouvements neufs qu’elles proposent. Toujours un peu à côté du geste attendu et évident, et en cela source de beauté. Elles travaillent, par ailleurs, le cadre de l’espace scénique dans ses frontières. Fond de scène et pendrillons sont de réelles zones de danse, ainsi que l’évoquent les déplacements latéraux ou en rebond. Le sol est aussi privilégié comme espace de déplacement horizontal. Assez particulier et de toute beauté dans ce mouvement où le ventre est le point de contact qui permet d’avancer. La chorégraphie interroge la question du décalage avec finesse. Un émerveillement raffiné. 

Fatima Miloudi


Ruins Alone

Batterie, sampleur, chant : Tatsuya Yoshida

Project Oh ! Yama

Chorégraphie, danse : Yuri Furie

Danse : Akiko Miwa, Ayaha Matsuoka, Yumi Osanai, Maiko Miura

Ingénieur lumière : Megumi Shimoda

Théâtre de Nîmes • 1, place de la Calade • 30017 Nîmes cedex 1

Réservations : 04 66 36 65 00

Mercredi 25 mars 2009 à 20 heures

Durée : 1 h 30

22 € | 20 € | 13 €

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher