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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Jazz barré
Que l’on aime ou que l’on n’aime pas, une chose est sûre : Bruno Desplan, c’est tout un personnage ! Avec la complicité de ses deux François, il crée un univers bien à part auquel on ne peut pas rester indifférent. Pas totalement séduite, je dois l’avouer, cela ne m’empêche pas d’être ravie de voir son spectacle prolongé : il est de ces artistes que l’on a envie d’encourager !
Chercher à comprendre les paroles, et, au-delà, leur sens, est une tâche ardue que l’on abandonne bien vite pour ne profiter que de la musique. En effet, les passages les plus intéressants, les plus vivants, les plus touchants sont ceux où seule la musique s’exprime, sans que Bruno Desplan ne chante. Piano, contrebasse et batterie se mélangent, le jazz est là, et on apprécie. Si le garçon a de la voix, il en use et abuse, joue avec celle-ci d’une façon qui manque bien souvent de naturel. Le résultat ? Cette voix, au demeurant belle et puissante, au lieu de séduire finit par agacer.
Entre presque chaque chanson, Bruno Desplan a un petit mot pour le public… Mot qui a rarement un sens. Mais, à voir à quel point il est touché par la présence d’un public et les applaudissements de celui-ci, on l’excuse facilement. Bêtement peut-être, on se retrouve « touché de le toucher ».
Sur certaines chansons – sur certaines seulement –, et c’est bien dommage, on a l’impression de voir trois musiciens individuels sur scène et non pas un groupe. Parfois, on ne ressent pas en effet cette énergie de groupe qui fait décoller, qui fait qu’on a l’impression de ne voir sur scène qu’un seul et même corps uni par la passion. En tout cas, Bruno Desplan est passionné, émerveillé d’avoir un public. Assis sur son tabouret de piano, s’il pouvait en bouger, il décollerait. Il gigote dans tous les sens, habité par sa musique.
Que l’on adhère totalement ou bien que l’on soit, comme moi, plus sceptique, on ne peut que saluer la capacité de cet artiste à se créer son univers propre, qu’être content de son succès. Il manque peut-être un brin de rigueur. À se trouver dans cette salle en sous-sol, avec très peu de places, des spectateurs dans les escaliers, on se croirait aux premiers essais d’un ami. Les prolongations laissent à penser que Bruno touche un certain public, car les gens viennent, applaudissent… Tout en n’étant pas totalement conquise, j’en suis ravie parce que ce groupe donne vraiment envie qu’on le soutienne. ¶
Sonia Déchamps
Les Trois Coups
Bruno Desplan
Avec :
Bruno Desplan : piano et voix
François Camin : contrebasse
François Porcher : batterie et percussions
Les Déchargeurs • 3, rue des déchargeurs • 75001 Paris
Métro : Chatelet
Réservations : 0892 70 12 28 (0,34 €/min)
Du 6 mars au 25 avril 2009, les vendredi et samedi à 20 heures
Durée : 1 h 10
16,50 € | 13,50 € | 11,50 €
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
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