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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 15:39

Une belle découverte


Par Vincent Morch

Les Trois Coups.com


Il faut le confesser, je ne connaissais pas le trio belge Coco royal avant de le découvrir au théâtre des Déchargeurs. Me fiant (naïvement) à son nom, je m’attendais à une musique aux amphét’ portée par des musiciens… clownesques. Erreur ! J’ai découvert des morceaux pleins de sensibilité et souvent teintés de mélancolie, qui recèlent de véritables réussites musicales.

L’une des premières grandes réussites de Coco royal, c’est donc ce bel effet de surprise qu’il sait ménager pour ses spectateurs néophytes. Lorsque les premières notes de Rejoins-moi s’élèvent, l’auditoire est immédiatement happé par une atmosphère très spéciale, douce, feutrée, intimiste, d’où semble sourdre une tristesse langoureuse. Cette retenue, cette pudeur rendent ces premiers morceaux d’autant plus touchants, et manifestent la confiance que les musiciens éprouvent envers leur propre musique. Point n’est besoin d’en faire des tonnes pour séduire le public. Point n’est besoin de faire de l’esbroufe.

De fait, le jeu de scène (sur une scène, il faut le préciser, aux dimensions très modestes, qui n’aurait pas autorisé des folles cavalcades) est réduit à sa plus simple expression. Et, si notre trio semble tout à fait à son aise, ses quelques mots (sympas) au public sont très brefs. Ils ne sont pas là pour faire des discours, ils sont là pour jouer, et, ma foi, ils le font très bien.

« Coco royal »

Antoine Chance, le chanteur, se met alternativement au piano et à la guitare. Une belle voix, juste, bien posée, qui se voile dans les aigus et qui fait penser par moments à celle de Mathieu Chedid. On regrettera néanmoins que l’articulation ne soit pas toujours au rendez-vous, rendant les paroles difficiles à saisir. Je n’ai pas pu, par conséquent, juger précisément de leur qualité, qui m’a semblé un peu inégale : plutôt réussies par exemple dans Schizo, moins dans Garde du cœur. Nicolas Stevens, au violon, au clavier et aux chœurs, apporte la touche folk et électro du groupe. Son violon est surtout utilisé de manière rythmique, mais il gratifie le public d’un solo flamboyant dans Instru # octobre. Enfin, le discret Stéphane Wertz, à la guitare électrique, apporte ces nappes de son et ces embruns métalliques, qui confèrent à l’ensemble son aspect rêveur et poétique. Tous, dans l’exécution technique des morceaux, sont irréprochables.

Le répertoire est dans l’ensemble d’un bon niveau, mais alterne des moments de pure grâce et parfois très intenses (un final excellent !) et d’autres que j’ai trouvés un peu moins convaincants. Dans ces derniers, j’évoquerai par exemple Elle danse, que j’ai trouvé assez répétitif. Mais même ces instants de moindre réussite sont portés, transcendés par cette touche, par ce style, qui traverse toute leur musique. Le concert a duré plus d’une heure, mais il m’a semblé durer le temps d’un battement de cil. Je ne vois pas comment l’écrire autrement : il y a quelque chose dans la musique de Coco royal, quelque chose qui n’est sans doute pas encore parvenu à sa pleine maturité, qui n’est pas encore pleinement maîtrisé par le groupe, mais qui est là, bien réel et indiscutable. Leur musique emporte, arrache l’âme, la berce et la fait rêver.

Alors qu’est-elle donc, cette « chose » ? De la poésie ? De la profondeur ? Du talent ? Il y a de tout cela sans doute, mais je crois que la meilleure manière de la dénommer et de lui rendre justice, c’est simplement de l’appeler beauté. La musique de Coco royal est belle. C’est peu dire. C’est tout dire. Continuez, messieurs ! 

Vincent Morch


Coco royal

Voix, guitare, piano : Antoine Chance

Violon, claviers, chœurs : Nicolas Stevens

Guitares : Stéphane Wertz

Les Déchargeurs • 3, rue des Déchargeurs • 75001 Paris

Réservations : 0 892 70 12 28

Les lundis 2, 9, 16 et 23 mars 2009 à 21 h 30

Durée : 1 h 5

18,50 € | 15,50 € | 10,50 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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