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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 13:23

Un hommage décalé et ludique

 

Dans une sorte d’hommage tordu à la « petite folie récréative » qui émane de l’œuvre de Federico García Lorca, Pascal Seguin rassemble et adapte en scène trois de ses textes : une partition pour marionnettes – « le Jeu de Don Cristóbal » –, un essai – « les Ombres » – et « la Tragi-comédie de Don Cristóbal et Doña Rosita ». En résulte un collage savoureux et sensuel, qui manque toutefois de maturité.

 

L’intrigue en elle-même se montre des le départ banale et sans grand intérêt : la mère cupide s’apprête à vendre sa fille, la belle et jeune Rosita, à un vieillard repoussant et fortuné, Don Cristóbal. Tandis que le cœur (ou le corps, plutôt) de Rosita choisit celui du jeune et vigoureux chevalier Cocoliche. De multiples rebondissements inattendus et une belle énergie artistique sont pourtant heureusement au rendez-vous afin de nous offrir un spectacle tout à fait agréable, fruit d’un remarquable travail sur l’expression corporelle et vocale, ainsi que sur les effets sonores.


La Compagnie Les Enfants au pouvoir prête la plus grande attention aux choix esthétiques. Ainsi, les costumes, les masques, les marionnettes et les éléments de décor sont soigneusement confectionnés et très beaux. Le talent et la motivation de ces huit jeunes comédiens se marient bien avec leur spectacle décalé alternant le théâtre, le chant, la danse… et toute autre expression scénique i(ni)maginable. Un alliage étonnant qui frôle toute de même le micmac hasardeux.



En effet, même si le (sur)jeu de ces jeunes acteurs est fort surprenant (excellente Stéphanie Marinelli, dans le rôle de la mère de Rosita), on s’en lasse vite. Certes la scène devient – à la manière de Jean Genet – cet espace de liberté où les comédiens s’amusent. Mais, cette fois-ci, malheureusement au détriment du spectateur, qui est exclu de leur folie artistique. On a l’impression qu’il y est question plutôt d’un délire entre les comédiens et pas vraiment d’un spectacle bien construit… L’impression devient d’autant plus justifiée si on prend en compte toutes les platitudes et tous les clichés contemporains possibles (chansons, danses folkloriques, effets sonores…) sur le thème de l’Espagne insérés librement entre les scènes réécrites de Lorca.


Dommage que ces choix faciles de comique de situation par association d’idées ainsi que quelques longueurs et baisses de rythme (notamment dans la partie philosophique sur les âmes en attente d’une réincarnation) viennent perturber la réception de ce spectacle très ludique et prometteur. 

 

Maja Saraczyńska

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Lorca barré, d’après le Jeu de Don Cristóbal, les Ombres, la Tragi-comédie de Don Cristóbal et Doña Rosita, de Federico García Lorca

Compagnie Les Enfants au pouvoir • 18, avenue de Gravelle • 94220 Charenton-le-Pont

www.myspace.com/lorca.barre

Adaptation et mise en scène : Pascal Seguin

Assistante à la mise en scène : Alexandra Borkowski

Avec : Jean-Luc Boorman, Rémy D’Arcangelo, Virginie Guillaumin, Stéphanie Marinelli, Caroline Marre, Alexandre Maublanc, Laurent Tardieu

Scénographie : Amélie del Cerro

Chorégraphie : Jasmine Walko

Création costumes : Magalie Bécart

Création lumière : Foued Souaker

Musiques et chansons : Oscar Sisto, Hugo Renard et Pascal Seguin

Théâtre de l’Épée-de-Bois • la Cartoucherie • route du Champ-de-Manœuvre • 75012 Paris

Réservations : 01 48 38 39 74

www.epeedebois.com

Métro : Château-de-Vincennes, puis navette ou bus nº 112

Du 19 février au 1er mars 2009, jeudi, vendredi et samedi à 21 heures ; dimanche à 16 heures

Durée : 1 h 30

18 € | 13 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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