Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 00:45

Retenir l’attention de la jeunesse

 

Un jeune paysan fait un rêve. Son père lui demande de le raconter. Cependant l’enfant refuse. Le père menace. Alors l’enfant s’en va. Il entreprend un long voyage qui l’amène à rencontrer une sorcière, une baleine, un prince et enfin, comme tout conte qui se respecte, une princesse. Henri Gougaud s’est inspiré des légendes japonaises pour écrire cette histoire pour enfants.

 

Tout d’abord, un décor très « zen ». Deux paravents. L’actrice joue avec, les déplace. Elle y a même suspendu des tissus colorés qui se succèdent, annonçant les changements de lieu qu’effectue le protagoniste lors de son périple. Et puis une plante verte, des galets, un coussin. La scène respire une quiétude très orientale.


Quant à Catherine Valla, elle est seule sur le plateau et se prête à une performance impressionnante. À savoir qu’elle interprète tour à tour un enfant, un père, une sorcière, un crapaud, une baleine, un prince… En fait, l’actrice s’inspire de la technique japonaise du butô qui consiste à se métamorphoser par la danse. Avec une maîtrise totale de son corps, elle esquisse des gestes et des déplacements chorégraphiques, se rapprochant tantôt du ballet, tantôt des arts martiaux. Ce choix d’interprétation renforce la dimension poétique du texte. Chaque situation est jouée d’une façon stylisée et imagée. Ainsi, quand l’enfant vole, la comédienne danse. Quand il se tient sur le dos d’une baleine, cette dernière perd tout équilibre sur scène.


© Jean-Paul Lozouet


En outre, la metteuse en scène Laure Lowenstein s’est apparemment aussi intéressée au nô. En effet, elle a emprunté à ce style traditionnel de théâtre japonais les notions de lenteur, d’envoûtement, de gestuelle stylisée et, bien évidemment, de poésie. Effectivement, vêtue d’un costume asiatique, la comédienne prend son temps, et capte alors l’attention des jeunes spectateurs par son attitude grave et majestueuse. De plus , le lyrisme du nô ne demande à la musique qu’un rythme et des timbres pour le soutenir. C’est ce qui a été entrepris ici, grâce à des morceaux musicaux à base de percussions.


La compagnie Le Cap rêvé a choisi ce drame bref de cinquante minutes pour un public d’enfants. Certes, c’est original, coloré, poétique. Votre chérubin est emporté dans une tout autre culture, et reste béat devant les prouesses de l’actrice. Mais le contenu du texte reste très léger. Les éléments caractéristiques au conte ne sont pas tous présents, ou alors ne sont pas approfondis. Il n’y a donc pas de morale édifiante à cette histoire. De même que l’humour est inexistant. Se pose alors le problème et la difficulté de retenir l’attention de la jeunesse dans la mesure où le texte se résume à seulement quelques phrases, et que le jeu est peut-être trop appliqué, consciencieux et posé. Les réactions dans la salle semblaient mitigées.


À savoir si votre enfant sera bon public ou non… Je ne vous conseillerais ce spectacle que si votre progéniture est douée d’une bonne capacité de concentration et d’écoute. Ce ne fut pas mon cas. 


Charlotte Étasse

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Le Jeune Homme qui avait fait un rêve, d’Henri Gougaud

Compagnie Le Cap rêvé

01 43 26 44 38

Mise en scène : Laure Lowenstein

Avec : Catherine Valla

Aktéon Théâtre • 11, rue du Général-Blaise • 75011 Paris

Du 11 février au 4 avril 2009 à 16 heures, mercredi, samedi, dimanche, tous les jours pensant les vacances scolaires, relâche le 25 février 2009

Durée : 50 minutes

8 € | 6 €

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher