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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 16:33

Allumez cette petite flamme !


Par Sonia Déchamps

Les Trois Coups.com


Frédéric Chopin et George Sand : deux univers. La musique et les mots : deux merveilleuses façons de laisser s’exprimer ses sentiments. À la fois concert et pièce de théâtre, « Feu sacré » réunit sur scène deux grandes figures du xixe siècle pour le seul – et grand ! – plaisir de nos oreilles.

Les univers de Chopin et de Sand se complètent, se croisent, s’alternent mais ne se rencontrent jamais vraiment sur scène. À l’image de Marc Laforet et Macha Méril qui, s’ils ne sont pas en permanence séparés par ce rideau-voile noir qui isole l’avant-scène, gardent une certaine distance l’un vis-à-vis de l’autre. Comme un silencieux respect du pianiste et de la comédienne pour leurs arts respectifs. Aucun n’empiète sur l’autre, ne l’envahit. Frédéric Chopin et George Sand s’expriment tour à tour. On peut peut-être regretter que ces deux univers ne se trouvent pas, justement, parfois réunis, ne serait-ce que par un échange de regards.

Lorsque la musique débute, Macha Méril se tait, cesse ses mouvements et, à l’image d’un public conquis, savoure chaque note qui s’élève du piano à queue de Marc Laforet. Ce dernier s’exprime au nom de Chopin, communique au public sentiments, émotions par cette musique qui, parfois, en dit bien plus que les mots. Seuls deux courts enregistrements sonores, qui par ailleurs viennent troubler la magie établie sur scène, font entendre aux spectateurs les pensées de Chopin au travers des mots.

La place est tout entière faite aux artistes. Rien ne vient parasiter l’écoute, seule chose qui importe ici. En effet, tout est mis en œuvre pour que seuls aient de l’importance les mots et les notes.

© Patrick Guis

Le plateau est épuré : un piano, deux chaises, d’une simplicité et d’une sobriété parfaites, une table basse et, sur celle-ci, une bougie, une plume, un encrier et une feuille de papier, indéfiniment blanche. Peu de mouvements : quelques rares pas de Macha Méril. Tout est réuni pour permettre aux artistes que sont George Sand et Frédéric Chopin de s’exprimer pleinement à travers leurs œuvres. Les notes et les mots se suffisent à eux-mêmes, nul besoin d’artifices pour les maquiller, les embellir ; ils sont sublimes à l’état pur.

Macha Méril l’a parfaitement compris, et c’est un profond respect des textes (extraits d’écrits, de lettres…) qui ressort de son interprétation. Elle ne cherche pas la « performance », elle se « contente » de transmettre, de ressentir, et c’est le plus beau cadeau qu’elle semble pouvoir faire au public : lui livrer à l’état le plus pur possible des textes écrits d’une plume inimitable. Si parfois sa voix est un peu faible, face à la puissance du piano, on oublie rapidement cet écueil dès lors que l’on se concentre sur ce qui est dit.

Le feu brûle, indubitablement. Peut-être pas encore au point de tout embraser, mais bien suffisamment pour offrir un instant hors du temps au public. Feu sacré, c’est aussi la confirmation (pour qui en aurait besoin) de ce que le mélange des arts scéniques procure indiscutablement des moments très particuliers. 

Sonia Déchamps


Feu sacré, à partir de textes de George Sand et de musiques de Frédéric Chopin

Textes réunis par : Bruno Villien

Mise en scène : Simone Benmussa

Avec : Macha Méril et Marc Laforet

Théâtre de la Porte-Saint-Martin • 18, boulevard Saint-Martin • 75010 Paris

Réservations : 01 42 08 00 32

Métro : Strasbourg-Saint-Denis

À partir du 2 février 2009, lundi à 20 heures, dimanche à 18 h 30

Durée : 1 h 30

38 € | 28 € | 18 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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commentaires

Erik Dzarli 14/02/2009 00:40

Quel feu y'a-t-il dans ce spectacle où Macha Méril butte sans arrêt sur son texte et où la mise en scène sépare sans cesse ces deux êtres qui ne vont jamais échanger un mot ? Où est la force, le tourbillon du romantisme qui habite ces deux amoureux ? L'ensemble est plat, insipide au possible. Certes Marc Laforêt joue merveilleusement Chopin et Méril pourrait être une grande George Sand. Mais avec un peu plus de chaleur et moins d'hésitation...

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