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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 21:26

Partez sur la route
avec ce couple détonant !


Par Sonia Déchamps

Les Trois Coups.com


Pas une seconde d’hésitation à avoir, laissez-vous embarquer par ce duo de choc sur la route d’une vie « au p’tit bonheur la chance ». Un texte de Xavier Durringer : la quasi-certitude pour moi de l’aimer… Ravie d’avoir eu beaucoup plus à savourer avec cet « Ex-voto ». Servi par un duo de choc, une mise en scène judicieuse et une bonne dose de rock, le texte prend tout son sens, toute son ampleur… Pour exploser sur scène.

Léa et Gus se rencontrent à la fin d’un concert, et c’est parti pour une folle et belle aventure. Ensemble ils prennent la route. Liés par la musique, qui a été à l’origine de leur premier contact, celle-ci rythme leur vie – et le spectacle. Ils choisissent de vivre pleinement et nous communiquent à merveille cette envie de se sentir libre !

Ils aiment Jeff Bailey, ce célèbre chanteur de rock ? Alors pas une seconde à perdre, il faut partir suivre sa tournée de trente dates, et peu importe de savoir si c’est possible, si concrètement, financièrement, l’idée est viable. Ils crient, chantent, improvisent leur vie… Un souffle de  liberté gagne le public.

Xavier Durringer n’a pas son pareil pour jouer avec les mots du quotidien, dénoncer la société et dépeindre des personnalités fortes. Gilles-Vincent Kapps et Sandrine Molaro sont parvenus à faire leur son langage et à y apporter leur petite touche… et quelle touche ! Le couple formé par ces deux comédiens est détonant. Complémentaires, ils font vivre le texte de façon définitivement convaincante.

© B.-M. Palazon

Gilles-Vincent Kapps est une pile électrique, toujours sur le qui-vive. Rien ne semble pouvoir le démonter. Cependant – et c’est là, peut-être, le seul petit bémol – si cette énergie est communicative, sert la majeure partie du temps les scènes, il arrive que celle-ci soit tout simplement « trop ». Dans certains passages – parenthèses plus sombres, plus tristes –, cette énergie, caractérisée notamment par un phrasé rapide, fait perdre aux mots leur profondeur, leur intensité et ce, même s’il y a une apparente volonté de la canaliser. L’émotion n’est pas totalement absente de ces scènes en question, il semble néanmoins qu’elle aurait pu gagner encore davantage le spectateur si le comédien avait su être plus nuancé, peut-être en restant moins dans le même registre. Mais, dès lors que reprennent les scènes plus « envolées », plus vivantes, on oublie cette petite réserve tant l’énergie déployée nous gagne à nouveau ; tant la rage de vivre de Gus nous fait vibrer.

Sandrine Molaro est tout simplement remarquable. Généreuse, elle n’a de cesse de donner au public. Quand elle rit, on a envie de rire ; quand ses grands yeux perdus fixent le vague, on se perd dedans. Tour à tour furieusement drôle, revendicative, touchante, émouvante… Elle parvient ainsi à être sincère, juste, quelle que soit la facette prédominante de son personnage.

Au texte, à la musique, au jeu des comédiens, ajoutons une mise en scène à la fois simple et travaillée : efficace. Les effets visuels et sonores tombent toujours à point nommé, les éléments de décor sont justes, notamment lorsque les scènes se passent dans l’appartement de Gus (que le couple doit vite quitter faute de ce qui semble faire tourner le monde : l’argent)… Une simplicité calculée qui permet de laisser toute leur place aux mots et au jeu des comédiens. La pièce est rythmée, vivante. Les déplacements sont assez nombreux, mais aucun ne semble inutile. En effet, chaque élément de mise en scène semble, ici, être au service du texte. Tout (décors, mouvements, effets visuels et sonores, musique…) trouve sa justification.

Le rythme est là, on ne s’ennuie pas une seconde et même plus : cela nous donne envie de ne pas, nous non plus, nous ennuyer une seconde dans notre vie. Mise en scène, acteurs, musique, texte… tout est réuni pour passer un bon – mais, comme toujours quand on aime, trop court – moment. À la fin de la pièce, on éprouve une furieuse envie de profiter de la vie, de vivre pleinement. Rien que pour avoir réussi à communiquer ce sentiment si fort : bravo ! 

Sonia Déchamps


Ex-voto, de Xavier Durringer

Mise en scène : Christophe Luthringer

Scénographie : Sean Dunbar

Avec : Sandrine Molaro, Gilles-Vincent Kapps

Création lumière : Philippe Séon

Le Lucernaire • 53, rue Notre-Dame-des-Champs • 75006 Paris

Métro : Vavin, Notre-Dame-des-Champs ou Edgard-Quinet

Réservations : 01 45 44 57 34

Du 28 janvier au 21 mars, à 21 heures du mardi au samedi, relâche le 20 mars 2009

Durée : 1 h 10

20 € | 15 € | 10 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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