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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 23:56

Un drame plus doux que la tyrannie

 

Le ricercare est une ancienne forme musicale baroque basée sur le procédé de l’imitation. C’est une forme contrapuntique moins élaborée que la fugue, enchaînant des épisodes différents qui peuvent être sans lien thématique.

 

La pièce Ricercare raconte la journée de deux adolescents, Sophian et Mahaut, et d’Émilien, leur jeune frère, né aveugle, aux prises avec l’angoisse quotidienne d’un père oppressant. L’histoire nous est donc contée sous cette forme de ricercare : chaque parole est entendue, chaque personnage agit en son âme et conscience tout en influant sur la destinée commune, qui se révélera tragique. On se souvient alors d’un Oreste voulant venger son père, d’une Électre humiliée… Les tragédies du passé récidivent toujours de la même façon dans notre monde contemporain : infanticides, parricides, violences familiales allongent les colonnes des faits-divers dans les journaux. Des drames violents qui marquent les esprits et qui nous font réaliser que les passions de l’âme de l’être humain sont les mêmes depuis des millénaires. Cet instant où l’esprit bascule et où il n’est plus maître de lui-même, cette fêlure de l’âme, voilà l’instant clé qui génère tout le drame et duquel découle toute l’histoire.

 

Olivier Dhénin

 

Et c’est ainsi qu’Olivier Dhénin, dramaturge, a construit sa mise en scène, dans un mouvement limpide où le jeu des acteurs tend progressivement vers cette fêlure de l’âme. Né en 1977, Olivier Dhénin a poursuivi des études de lettres à l’université de Paris et de musique au C.N.R. d’Amiens. D’abord enseignant, il s’oriente peu à peu vers le théâtre, et réalise actuellement une thèse de doctorat sur l’esthétique de la temporalité chez Maeterlinck. Dramaturge, il collabore à différents projets pour le Châtelet-Théâtre musical de Paris et les Jeunesses musicales de France. Pour la musique de scène qui accompagne le spectacle, Olivier Dhénin a fait appel à Jacques Boisgallais, compositeur, nommé chevalier des Arts et Lettres en 2008. Ce dernier a étudié au Conservatoire de Paris en 1947, tout en assurant la fonction d’organiste titulaire de l’église Notre-Dame-Auxiliatrice de Clichy-la-Garenne. Il a longtemps travaillé à la radio, où il a participé au développement de la stéréophonie, retransmis des milliers de concerts et assuré la réalisation de nombreux enregistrements discographiques. Jacques Boisgallais a également collaboré avec des très grands chefs, tels que Münch, Bernstein ou Maazel, et côtoyé d’éminents compositeurs : Milhaud, Hindemith, Messiaen, Chostakovitch…


Les autres personnes, dont s’est entouré Olivier Dhénin, sont toutes aussi exceptionnelles : comédiens, musiciens, créateur lumières, scénographe… tous ont des parcours extrêmement riches. Diplômés d’écoles dont la qualité de l’enseignement n’est plus à prouver, ils ont, chacun dans leur spécialité, reçu de nombreux prix et récompenses, et ont déjà, malgré leur jeunesse, un parcours professionnel remarquable.


Ricercare, premier volet de l’Ordalie, trilogie des Lazarus composée par Olivier Dhénin dans la tradition d’Eschyle et d’Eugène O’Neill, promet donc d’être un voyage fulgurant en ce début d’année. À ne surtout pas manquer : les 6, 7 et 10 février 2009, à Paris !


Recueilli par

Hélène Merlin

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com

 

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