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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 15:22

« Réveillon d’été »

 

Un joli oxymore pour le titre de cette pièce qui nous embarque en plein été, tout en gardant l’esprit de Noël. Elle est écrite par Isabelle de Toledo, précédemment remarquée avec « Sur un air de tango » (deux nominations aux Molières 2006 ). C’est dans un magnifique théâtre à l’italienne miniature que j’assiste à cette comédie divertissante, agréable et exclusivement féminine.

 

C’est une réunion de famille. Quatre sœurs se retrouvent en plein mois de juin afin de perpétuer une tradition. Fêter Noël. Leur père étant décédé lors de la nuit du 24 au 25 décembre, dix ans auparavant, elles ont de ce fait appris à réveillonner lors des beaux jours. Dans la maison où elles ont grandi, ces femmes se croisent une fois par an. Elles ne sont plus dans le monde de l’enfance, pourtant rien ne semble n’avoir vraiment changé. Il y a Martine, Lucie et Françoise. Tout les oppose. Leur personnalité, dont chacune est détonante à sa façon, et bien sûr leur vie. De même que la fille de Sophie, une adolescente à fleur de peau et en mal de père, qui participe à ce cocktail explosif… S’ensuivent alors de multiples discordes au sein du cercle féminin. Sans compter la visite de la voisine, Mme Pinçon, qui ne fait qu’accroître la fantaisie déjà présente dans ce Noël improbable.


Tout d’abord un décor assez basique. Des arbres. L’action se passe dans le jardin. Mais l’illusion est totale. Nous entendons les oiseaux chanter et l’éclairage varie en fonction des différents moments de la journée. C’est ainsi que nous pouvons apprécier tous ces détails réalistes, élaborés par les metteurs en scène Annick Blancheteau et Jean Mourière. Tout y est vrai, du volet cassé aux fraises fraîchement écrasées dans un sac plastique. De même que les costumes changent dès que l’occasion se présente, créant ainsi un délicieux appui à la puissance comique du texte. Le rythme quant à lui est un atout précieux. Les entrées et sorties des actrices s’enchaînent. Le spectateur n’a aucun moment de répit parmi ces allées et venues incessantes.

 

 

Cependant la pièce s’essouffle dans la dernière demi-heure. Peut-être une demi-heure de trop. Les comédiennes sont fatiguées et n’arrivent pas à nous tenir en haleine jusqu’à la fin. Si bien que nous attendons la chute avec impatience. De surcroît, nous assistons à un ultime coup de théâtre maladroit et sans subtilité. Ce sera le coup de grâce pour le public, qui lâche définitivement le fil de l’histoire. De même que les extraits musicaux, très présents dans cette dernière partie, agacent de plus en plus. On vous l’accorde, nous sommes en présence d’une adolescente sans père, entourée de femmes toutes moins raisonnables les unes que les autres. En effet, l’on peut humer une atmosphère digne de Mamma mia !, comédie musicale et film récent à succès. Mais était-ce indispensable de nous le rappeler sans cesse ? Lors des changements de scène, nous avons droit à un extrait musical du répertoire d’Abba. De Chiquita à Money, en passant par je ne sais combien d’autres. Le premier extrait fait plaisir et sourire, mais passer toute l’anthologie devient tout simplement ridicule.


Néanmoins, nous demeurons charmés par ces actrices. Pas de surjeu, tout est juste. Les répliques fusent toujours avec le ton approprié et adéquat à l’humour du texte. Les rôles de « clown triste » sont admirablement interprétés par Martine Pascal et Annick Blancheteau. De la même façon que Constance Carrelet (la nièce) passe du rire aux larmes comme de l’innocence à la maturité avec une souplesse et une facilité indéniables.


Hélas, nous assistons à une malheureuse chute en coulisses, quelques baffouillements, et des difficultés avec un décor pas vraiment stable. Tous ces petits désagréments font le charme d’une première, mais traduisent peut-être un manque de répétitions techniques et un trop-plein de stress de la part des comédiennes. Espérons que les prochaines représentations se dérouleront plus paisiblement… 


Charlotte Étasse

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Réveillon d’été, d’Isabelle de Toledo

Mise en scène : Annick Blancheteau et Jean Mourière

Avec : Anne Richard, Annick Blancheteau, Martine Pascal, Martine Mongermont, Françoise Lépine, Constance Carrelet

Création costumes : Corinne Baeriswyl

Décors : Anne Wannier

Création lumière : Patrick Staub

Théâtre Michel • 38, rue des Mathurins • 75008 Paris

Réservations : 01 42 65 35 02

Du mardi au samedi à 21 heures, matinées samedi 16 h 30, dimanche à 15 heures, relâche le lundi

Durée : 1 h 30

14 € | 17 € | 34 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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