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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 21:53

Une invitation au voyage


Par Élise Ternat

Les Trois Coups.com


Faire une place d’honneur aux jeunes compagnies, sortir des sentiers battus, surprendre son public, telles semblent être les missions que s’est donné le théâtre L’Élysée. Preuve en la matière ces jours-ci avec la surprenante présentation d’« Un rire a parcouru la terre », par la compagnie Unis’sons dans une invitation au voyage très « flower power ».

Et c’est en Inde et plus généralement à travers le monde que nous emmènent Christophe Serpinet et Corinne Ginisti à travers l’évocation des textes et poèmes du célèbre auteur indien, prix Nobel de la littérature en 1913, Rabindranath Tagore.

On est frappé dans un premier temps par un dispositif scénique en marge des spectacles dépourvus de décor habituellement présentés à L’Élysée. Ici, c’est un univers fait d’éléments naturels, rondins et bancs de bois, galets posés au sol, éléments aquatiques et pétales de fleur qui participent au folklore et constituent l’espace de jeu… De concert, devrais-je dire, car il n’est pas ici question de théâtre. Et, là, mieux vaut être averti. Car pour toute personne qui aurait survolé le tract, la surprise est de taille.

En effet, les textes de l’écrivain indien sont ici chantés, contés. Des extraits de pièces de théâtre ou de poèmes mis en musique composent ce concert hommage. À cela s’ajoute toute une galerie d’instruments aux sonorités et origines diverses : on reconnaît pêle-mêle bâtons de pluie, kanun, derbouka, cymbales, cithare, qui créent un univers très coloré. Les deux musiciens-conteurs sont vêtus des classiques tenues indiennes, sarouel, tunique et chemise col Mao.

Le choix des thématiques abordées flirte parfois avec un esprit qu’on pourrait trouver un peu naïf, ou tout simplement en marge d’un certain cynisme occidental. L’émerveillement procuré à la vue d’une fleur de shafali, le sentiment de l’amour ou la peur de l’orage constituent la matière de ce qui s’apparente à une découverte perpétuelle. On se trouve parfois quelque peu déstabilisé devant l’interprétation faite d’envolées lyriques. L’ensemble qui ressemble à certains moments à une profusion dégoulinante de bons sentiments prête à sourire. Enfin, la tentation mystique n’est jamais très loin, notamment dans les adresses faites au public sur le ton du « tu dois ».

Le jeu des deux conteurs-musiciens a cela d’intéressant qu’il a cette capacité à être sur tout les fronts : celui du chant, de la parole, dans une diction impeccable, avec le maniement de près d’une trentaine d’instruments dans des morceaux composés par Christophe Serpinet. C’est une remarquable prouesse. Le tout forme un ensemble plein (de clichés ?) et cohérent, qui vise une mise en relief des textes et de leur beauté.

Finalement, Un rire a parcouru la terre est à vivre comme une étonnante invitation à se recentrer sur des choses essentielles, un voyage spirituel ou un retour aux années « flower power » pour un public en quête d’évasion et de paix intérieure. 

Élise Ternat


Un rire a parcouru la terre, d’après Rabindranath Tagore

Compagnie Unis’sons

unis.sons@free.fr

Contact : 06 87 64 87 74

Texte : Rabindranath Tagore

Assistante à la mise en scène : Aurélie Pitrat

Musique, jeu et chant : Christophe Serpinet, Corinne Ginisti

Production : compagnie Unis’sons

L’Élysée • 14, rue Basse-Combalot • 69007 Lyon

Tram|métro : Guillotière

Réservations : 04 78 58 88 25

Du 18 au 20 décembre 2008 à 19 h 30

Durée : 1 heure

10 € | 12 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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commentaires

serpinet Christophe 29/12/2008 22:19

Bonjour Elyse Ternatje viens de lire votre article dans les trois coups.merci d'avoir écrit votre article sur "un rire a parcouru la terre."je me permet de répondre à certains points.D'abord, les bons sentiment ne sont pas forcement dégoulinant, je dirai même que se sont plutôt les mauvais qui dégoulinent.Je ne sait pas ce qu'est le "flower power" mais je pense que les choses délicates comme les fleurs ont aussi leur raison d'être et qu'un monde avec seulement des tigres et des lions (j'aime aussi les félins, c'est juste un exemple) se serait lassant.Quand a la tentation mystique, elle est dans les textes, qui parlent d'émerveillement devant la nature, la vie, l'amour. L'émerveillement n'est pas forcement naïveté et le cynisme est parfois trés naïf et trés caricatural. La vie n'est pas seulement faite d'horreur, elle est avant tout un mystère et c'est je crois ce que dit Tagore qui est aussi libre penseur et qui refuse de "s'égarer dans l'aride et morne désert de la coutume".Les phrases " ne doute pas de toi" ou "sort du chemin", ne sont pas des impératifs mais une invitation à faire son propre chemin dans la vie.L'amour et l'émerveillement sont des sujets usés c'est vrai, il est difficile d'y croire. Trop de clichets les accompagnent, néanmoins une phrase aussi simple que " si l'amour n'est pas tout dans la vie..." peu faire rire certain, moi elle me touche parceque je ne vois rien de plus important que l'amour. toute les choses de la vie avec l'amour c'est encore mieux et sans l'amour ce n'est pas tres marrant, non ?Si "flower power" ca veux dire que des choses minuscules peuvent transformer les choses alors je prend pour un compliment que le spectacle est "flower power"naïvement votre.Christophe Serpinet

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