Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 17:05

Aaaahhhhaahh ! (bruit dun bâillement)

 

Comme au football, on est tenté de dire : belle affiche ! Pas moins que le Théâtre de la Bastille, le Théâtre de la Ville et le Festival d’automne à Paris se sont associés pour permettre ces huit représentations de la dernière création de Caterina Sagna, « P.O.M.P.E.I. 2e fouille : Presque oubliées mais peut-être immortelles ». Alors, évidemment, l’association du Festival d’automne à Paris et du Théâtre de la Bastille n’est pas une surprise, ce dernier étant l’un des principaux pourvoyeurs de spectacles du premier. Notamment parce que le Théâtre de la Bastille est sûrement le théâtre parisien qui s’engage avec autant d’énergie dans cette quête pionnière vers les arts vivants, principalement théâtre ou danse voire les deux en même temps, que se plaît à soutenir le Festival d’automne. Et ce, malgré des conditions de financement toujours plus difficiles comme nous l’a rappelé encore récemment son vaillant directeur Jean-Marie Hordé.

 

Voilà un spectacle qui nous met face à un dilemme : qu’en dire ? Pas du mal, pas du bien, parce que finalement ce n’est pas raté, mais c’est loin d’être réussi. Et s’il est difficile de sortir des expressions mitigées, c’est parce que, en tout état de cause, ce spectacle est à mi-chemin de plusieurs endroits. À mi-chemin entre le théâtre, la danse et la vidéo. Entre l’humour et la forme de poésie que suscite nécessairement la danse. Résultat : le spectateur reste à mi-chemin entre son siège et sa pensée, qui le ramène irrémédiablement vers le dernier épisode de Grey’s Anatomy. Alors même que ce dernier épisode révèle enfin pourquoi Meredith…


Mais revenons à P.O.M.P.E.I. 2… C’est vrai qu’en ce moment, c’est la mode des spectacles de danse où l’on parle et l’on rit, et des spectacles de théâtre où l’on danse. Rares sont ceux qui réussissent ce délicat exercice. Ici, on est constamment empêché. Empêché d’apprécier la danse puisque, à peine commence t-on à se laisser prendre, un des danseurs s’arrête pour sortir une « blague ». Empêché d’apprécier la vidéo, l’œil trop attiré par les danseurs qui s’agitent en dessous. Dommage donc de multiplier les disciplines quand elles s’annulent entre elles. Peu de spectacles pluridisciplinaires parviennent à reproduire la magie dégagée par l’exemplaire Chambre d’Isabella du chorégraphe flamand Jan Lauwers. Qui n’en est pas, encore aujourd’hui, à fredonner ses airs si légèrement entêtants tout en écrasant une larme à l’idée qu’aucune captation audio n’ait été faite… ?


Mais revenons à P.O.M.P.E.I. 2… Dans lequel, d’ailleurs, l’on retrouve la formidable Viviane De Muynck (Isabella dans la Chambre éponyme, encore) par l’intermédiaire de la vidéo. Accompagnée de deux autres comédiennes (une enfant et une femme dans la trentaine), elles représentent le contrepoint au trio chorégraphique exclusivement masculin, la parole face au corps, ou avec le corps… on ne sait pas trop ! Car, si pendant le spectacle on pense saisir certaines « choses », la lecture du programme finit de nous perdre.


Réunissant probablement ce qui constitue un corpus d’idées brutes du projet, il nous confirme la sensation que ce spectacle est un essai non transformé… Soit une idée initiale brillante et pleine de promesses, mais condamnée à rester dans ce monde immatériel des idées et des abstractions. Un monde où la raison est reine et le sensible banni… Pas de miracles donc !


Oui, car pas de mensonges, je fais partie de ceux qui entrent en théâtre comme on entrait en religion, et docile disciple, je multiplie les pèlerinages dans l’espoir d’être la nouvelle Bernadette, d’être celle par qui le miracle se fait corps, arborant fièrement mes stigmates et portant la bonne parole par ma simple béatitude immanente !


Mais revenons à P.O.M.P.E.I. 2… Voilà tout le paradoxe de ce spectacle, si l’on n’a pas envie d’en dire du mal, c’est quand même un spectacle qui donne envie de parler d’autre chose… 


Andrée Lechat

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


P.O.M.P.E.I., 2e fouille : Presque oubliées mais peut-être immortelles, de Caterina Sagna

Chorégraphie : Caterina Sagna

Dramaturgie : Roberto Fratini Serafide

Avec : Alessandro Bernardeschi, Antonio Montanile, Mauro Paccagnella

Interprètes vidéo : Viviane De Muynck, Maria Fossati, Elena Paccagnella

Décor et costumes : Tobia Ercolino

Conseiller musical : Luca Berni

Lumière : Philippe Gladieux

Réalisation et montage vidéo : Daniele Riccioni

Directeur de la photographie : Davide Becheri

Prise et montage audio : Carlo Bottos

Diffusion : Céline Gaudron

Administration : Dominique Mahé

Théâtre de la Bastille • 76, rue de la Roquette • 75011 Paris

Réservations : 01 43 57 42 14 | télécopie : 01 47 00 97 87

Du 8 au 19 décembre 2008 à 21 heures, relâche le jeudi 11 et le dimanche 14 décembre 2008

Durée : 1 h 15

22 € | 14 € | 13 €

Partager cet article

Repost 0
Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
commenter cet article

commentaires

Rechercher