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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 12:55

Une vie désagrégée par l’ennui

 

Présentée dans la petite salle du Théâtre du Têtard dans une nouvelle mise en scène, « le Chien bleu », pièce de Lionel Parrini et interprétée avec entrain par Magali Sivan-Parrini, ne laisse pas indifférent, mais elle « manque de cuisson ».

 

Au sortir de cette représentation, je reste perplexe. Je ne me suis certes pas ennuyée, car le rythme est soutenu et la mise en scène fonctionnelle, mais je ne me suis pas sentie transportée pour autant. J’ai l’impression d’avoir assisté à un spectacle vif mais un peu décousu, voire inachevé.


Plantons le décor : Une ex-institutrice, femme dépressive, cherche son chien bleu qu’elle a perdu. Sa quête est stimulée apparemment par le fait qu’elle se sente mieux avec lui qu’elle ne l’était avec les enfants. Alcool et cigarette ; une vie désagrégée par l’ennui, la solitude et l’eau de Cologne, avec laquelle elle parfume l’animal et elle-même.


L’intimité de la montée en folie dévoilée à la maison se donne à voir.

Le texte est intéressant mais inégal. Certaines phrases sont amusantes : « Je déteste les conneries qui ne font pas rire » ou bien encore « Ma mutuelle ne prend pas en charge la solitude » et d’autres poétiques ou inspirées : « Ça ronronne de douceur », « La vie m’encombre », « J’en finirai avec ma masse musculaire sans muscle ». Mais elles cohabitent avec des idées plus contestables : l’humour du chien, qu’il s’est forgé en regardant la télé… les moquerie sur ARTE, sans intérêt. Des éléments ne sont pas complètement exploités. À titre d’exemple, et excepté les allusions au peintre, il aurait été intéressant d’éclairer davantage le choix du titre.


Quant à la mise en scène, on reste aussi « sur sa faim ». Pourtant l’odeur du plat qui fume est agréable et en partie efficace : double impression d’une domesticité rassurante et d’un enfermement plus angoissant de la maison. Mais jamais on ne voit réellement pour qui et pourquoi ce plat est préparé. Sans sens abouti, cela perd de son efficacité au risque de devenir un artifice.


De même, l’introduction d’une voix off laisse entendre que le personnage est effectivement enfermé, mais cette voix est maladroite. On en comprend plus ou moins le sens mais pas l’esthétique. Même si l’on entend qu’il s’agit d’un médecin psychiatre (qui l’interroge sur le meurtre de son mari), cette voix arrive au beau milieu d’un soliloque qui se suffisait peut-être à lui-même.


Le Chien bleu est comme un reflet de vagues à l’âme dans un rythme soutenu, mais dans un enchaînement un peu décousu, parfois parasité par des éléments insuffisamment exploités. Des idées, mais qui laissent une impression de fruit vert. 


Naïma Pouzat

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Le Chien bleu, de Lionel Parrini

Compagnie Tortutrankil & Underground Établissement

www.tortutrankil.com

www.lionelparrini.com

Mise en scène : Lionel Parrini et Magali Sivan

Bruitage et son : Thomas Wassouf

Théâtre du Tétard • 33, rue Ferrari • 13005 Marseille

Du 14 au 23 novembre 2008 à 15 heures et 20 h 30

10 € | 5 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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