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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 19:30

Un Vieux Paris… perdu ?

 

Suite au succès de son spectacle « les Années Saint-Germain », c’est dans l’atmosphère intime du Petit Hébertot à Paris que Corinne Cousin, auteure-interprète confirmée mais aussi comédienne, présente sa nouvelle pièce de théâtre musical baptisée « les Jeux de la nuit ». Si l’intérêt théâtral de la pièce s’avère franchement discutable, Corinne Cousin, accompagnée au piano et à l’accordéon par Roland Romanelli, parvient tout de même à intéresser voire à toucher son public par sa voix de la grande époque des chanteuses réalistes et par l’univers atypique qui se dégage de certaines de ses compositions.

 

Quelques tabourets de bar disposés autour d’un piano, trois tables, un bar qui se devine derrière un rideau… Pas de doute possible, nous sommes au cabaret. Après une superbe introduction musicale au piano de Roland Romanelli, nous découvrons Marilou, patronne et chanteuse du Paradise, qui fête ce soir son cinquantième anniversaire. Malgré la mention « réservé » qui trône sur chacune des tables, la clientèle semble déserter les lieux et leur préférer Paris Plage.


Entre « dialogues » avec son musicien et chansons, c’est vêtue d’une longue robe rouge de diva qu’elle entreprend alors de nous raconter son parcours, de ses tout débuts dans les bas-fonds de Marseille à ses premiers succès parisiens, en passant par son premier strip-tease loupé au Crazy Horse. Mais un appel inopiné de Las Vegas va bouleverser la situation, et Marilou va devoir créer pour treize touristes, qui n’attendent du cabaret qu’hôtesses, strass et paillettes, un vrai show à l’américaine.

 

© Fabrice Vallon


C’est en tous cas ce que promet le dossier de presse, car il est en réalité impossible de constater la moindre évolution dans le spectacle. Car si ses compositions, sa voix profonde et touchante, et son immense présence scénique auraient amplement permis à Corinne Cousin, qui incarne littéralement l’idée que l’on peut se faire des vieux clubs de jazz parisiens, de concrétiser sur scène sa passion pour le cabaret et d’intriguer le public, elle semble avoir voulu théâtraliser son spectacle à tout prix, et ce choix la dessert.


En effet, le texte qui introduit chacune des compositions se révèle rapidement répétitif, artificiel et presque incohérent. Le show à l’américaine prévu pour les touristes de Las Vegas, annoncé comme étant le clou du spectacle, n’est que prétexte à une courte chanson sur le Crazy Horse, et les dialogues avec son musicien, qui ne s’exprime que par le biais de commentaires en voix off alors qu’il est sur scène, lassent rapidement le spectateur.


Malgré une mise en scène de Philippe Ogouz, molière du meilleur spectacle musical en 1990 et deux fois nominé pour Rutabaga Swing en 2006, les Jeux de la nuit sonnent donc tristement faux. Pourtant, l’intérêt réel du projet, le talent incontestable de Corinne Cousin et le jeu parfois magistral de Roland Romanelli au piano laissent espérer qu’au fil des représentations, une meilleure rythmique et une plus grande cohésion seront trouvées, offrant ainsi au Vieux Paris nocturne de meilleurs lendemains. 


Johana Boudoux

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Les Jeux de la nuit, de Corinne Cousin

Mise en scène : Philippe Ogouz

Assistante à la mise en scène : Sonia Sariel

Avec : Corinne Cousin et Roland Romanelli

Musique : Roland Romanelli

Mise en mouvement : Dominique Conte

Son : Clément Hoffman

Lumières : Jacques Rouveyrollis

Costumes : Michel Fresnay

Décors : Nils Zachariasen

Petit Hébertot • 78 bis, boulevard des Batignolles • 75017 Paris

Métro : Villiers ou Rome

Réservations : 01 43 87 23 23

À partir du 21 octobre 2008, du mardi au samedi à 21 heures

Relâche les 24 et 25 décembre 2008

Durée : 1 h 30

24 € | 10 € (tarif moins de 26 ans, du mardi au jeudi inclus)

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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