« Depuis notre débat sur le Off d’Avignon, j’ai eu l’occasion de “lire” votre site critique, et j’en ai été très heureux. Parce que
j’apprends des choses dont les médias parisiens ne m’informent pas et parce que les critiques sont de bonne qualité. Continuez bien ! Tous mes vœux à vous et aux Trois Coups !
Amicalement, »
Gilles COSTAZ, critique dramatique à Paris-Match, les Échos, Politis, le Magazine littéraire, l’Avant-scène Théâtre…
« Nous tenions à vous dire bravo, nous applaudissons des deux mains, votre site est admirablement bien fait. Vous (toute l’équipe) aimez
le théâtre et vous savez faire partager votre passion… »
Marie-Céline NIVIÈRE et Dimitri DENORME, Pariscope, rubrique « Théâtre »
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L’enfance tombe les masques
« Les Contes de la petite fille moche » laissent la parole à l’enfance. Des instants cruciaux et cruels sont ramenés à la surface de nos mémoires par les voix de sept garçons et filles de huit ans. Nous pouvons les entendre au Théâtre Daniel-Sorano de Vincennes. Enfants ou déjà grandis, la résonnance est forte.
Au départ, Julien Daillère avait écrit des nouvelles, qu’il a transformées en monologues pour les porter à la scène. Il est accompagné des conseils de Rémy Cortési (premier metteur en scène de la pièce), psychologue auprès d’enfants et d’adolescents. Leur collaboration rend très justement l’expression libre des bouches enfantines et la limpidité de leurs réflexions. Les personnages parlent comme ils voient et comme ils ressentent, en prise directe avec leur réalité.
L’école primaire, le regard des autres, ce que la nature leur a, ou non, donné, le monde des adultes, une place à occuper… Les quatre filles et les trois garçons sont aux premiers carrefours de leur évolution, confrontés à des questions existentielles. Comment faire quand je suis moche et fille ? Quand je porte des lunettes et que, en plus, je suis première de ma classe ? Quand je suis petit homme et qu’on me prend pour une fille ? Quand je suis noire et adoptée ? Quand mon père est au chômage et que ma mère l’engueule ? Quand je suis très jolie et nulle à l’école ? Quand je veux devenir un grand, respectable, tout seul, sans être commandé ?
© Aurélie Champ
Le grand tourbillon de l’âge dit tendre sème les premiers cailloux blancs du Petit Poucet. Au début du chemin se dessine l’essence de l’homme que l’on est et que l’on va rester le temps de la vie. Nous nous demandons pendant le spectacle si le mot « adulte » n’a pas été inventé seulement pour signifier une différence de taille entre deux personnes. La lucidité de la plus petite a juste trouvé quelques arrangements personnels dans la conscience de la plus grande. Mais l’expérience première ne sombre pas dans l’oubli, et les complexes prennent juste d’autres habits. Plus grands.
À l’image des jouets géants proposés dans la mise en scène, les éléments de décor bâtissent un univers naïf : notes au piano en forme de gouttes de pluie, voix off de la mère comme un souvenir d’une conscience commune, costume d’écolier à l’ancienne, masques blancs aux grands yeux. Nous passons par le filtre pur et concret du regard de l’enfance. Les mêmes éléments de décor suggèrent une autre dimension, nostalgique, à nos balbutiements et une vision plutôt douloureuse de l’enfance. En cela, le spectacle offre plusieurs niveaux de lecture. Malaise et innocence nous font rire et nous accrochent le cœur.
Le comédien, qui est aussi l’auteur, s’empare des sept personnages qu’il semble bien connaître (les changements de costume entre les tableaux engendrent malheureusement quelques longueurs). Il devient ces enfants avec justesse et naturel, et paraît tout petit à côté des objets surdimensionnés. Son allure de pantin participe à l’univers enfantin créé, son jeu est à la fois esthétique et sensible. Je me suis demandé à chaque nouvelle interprétation s’il était homme ou femme et j’en suis arrivée à la conclusion qu’il était être humain, comédien par choix, jouant son rôle dans la cour des grands, avec l’honnête sincérité de l’enfance. ¶
Claire Néel
Les Trois Coups
Les Contes de la petite fille moche, de Julien Daillère
Cie La Traverscène • 5, rue Mornay • 75004 Paris
06 09 12 59 27
Mise en scène : Patricia Koseleff, avec la participation de Rémy Cortési
Avec : Julien Daillère
Musique : Julie Austruy
Décor : Mioko Tanaka, assistée de Pierre Nouneberg, Ippei Hosaka, Sara Renaud
Lumière : Mathieu Courtaillier
Voix off : Frédérique Robert, Patricia Koseleff, Christel Charles-Donatien, Myriam Bouznad
Photos : Aurélie Champ
Masques et costumes : Rémy Cortési, Jay Kyro
Théâtre Daniel-Sorano • 16, rue Charles-Pathé • Vincennes
Réservations : 01 43 74 73 74
Du 30 septembre au 30 octobre 2008, 30 septembre à 20 h 45, du 1er au 26 octobre 2008 les mercredi, samedi et dimanche à 16 heures, les mardi 28, mercredi 29 et jeudi 30 octobre 2008 à 16 heures
Durée : 1 h 15
15 € | 12 € | 8 €
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