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20 juillet 2005 3 20 /07 /juillet /2005 11:43

J’écarquillais les yeux


Par Vincent Cambier

Les Trois Coups.com


Pas moins de quatre « Novecento » lors de ce Festival d’Avignon ! Bon, là, c’est Le Voyageur debout quand même ! Je peux toujours voir…

Avant de pénétrer dans le Théâtre des Corps-Saints, je me suis dit : « Bon, je n’aime pas le solo théâtral, mais je suis venu voir ce spectacle parce que je connais Le Voyageur debout depuis longtemps et que cette troupe cisèle toujours des petits bijoux théâtraux, qu’elle forge à la sueur de son front à Lyon et qu’elle présente à Avignon depuis son origine. » Je me souvenais avec tendresse de Nez à nez, de Don Quichotte quartier nord, des Petites Insomnies de Filomène, et du Bateau de papier… Et les Marie-Émilie Nayrand, Sabine Messina, Sandrine Gelin, Jean-Luc Bosc, Claudine Lebègue, Denis Servant et compagnie ne sont pas les premiers artistes ni les premiers humains venus.

Néanmoins, ça a mal commencé pour moi. Quand Sabine Messina a mis en place longuement l’histoire de Tim Tooney, dix-sept ans en janvier 1927, une trompette et des envies d’Amérique, qui embarque sur le paquebot le Virginian, je me suis dit : « Comme dans beaucoup de solos, ça va être plutôt intéressant, mais je vais m’emmerder. » Par manque de rythme, de captation de l’attention, de vivacité dans les échanges (et pour cause, puisqu’il n’y a qu’un comédien)…

Mais Alessandro Baricco ne raconte les aventures de Tim Tooney que pour sa rencontre avec Danny Boodman TD Lemon Novecento, un homme né sur le Virginian et qui n’en descendra pas une seule fois de sa vie. Et alors là, le spectacle prend tout de suite une tout autre dimension dramatique. À partir de là, j’étais agrippé. Et j’écarquillais les yeux, les oreilles et le cœur, et retenais mon souffle.

Je dois reconnaître aussi que Sabine Messina, notamment grâce à la diction particulière qu’elle a adoptée pour la voix de Novecento, m’a griffé le cœur jusqu’aux larmes, puissamment aidée par Sandrine Gelin et Denis servant, concentrés sur l’essentiel : l’émotion. Il faudra que je me méfie de ces salauds-là à l’avenir ! 

Vincent Cambier


Novecento : pianiste, d’Alessandro Baricco

Traduction de Françoise Brun

Le Voyageur debout • 1, cours d’Herbouville • 69004 Lyon

Tél. : 04 78 30 67 05 | télécopie : 04 72 98 88 27

Portable : 06 11 59 54 84

Courriel : le.voyageur.debout@free.fr

Site : le.voyageur.debout.free.fr

Mise en scène : Sandrine Gelin

Avec : Sabine Messina

Création lumière : Denis Servant

Musiques :

– Duke Ellington The Feeling of Jazz : Taffy Twist ;

– Leszek Mozdzer Impressions on Chopin : prélude op. 28, nº 7

Théâtre des Corps-Saints • 76, place des Corps-Saints • Avignon

Tél. : 04 90 16 07 50

Du 8 au 30 juillet 2005 à 15 heures (durée : 1 h 5)

Tarifs : 13 €, 9 €

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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