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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 23:18

On est prié de s’attendrir…

 

Récit pour deux voix et un griot…

 

raymonde-_-robbas-gc-1.jpgUne comédienne incarne le personnage dont on raconte l’histoire : petite fille métisse qui se rêve blonde avec une queue de cheval avant de comprendre qu’elle est une négresse.

 

Une autre comédienne, blanche, dont le rôle est multiple : tantôt écho de la récitante, tantôt grand-mère de la petite fille, tantôt réplique chantante du griot.

 

Un musicien noir, griot qui tente de trouver dans le récit de la petite négresse de quoi faire une chanson épique ou mystérieuse…

 

Des objets hétéroclites posés sur le plateau : un bar, une brouette-triporteur, deux poupées, des instruments de musique africaine.

 

Le décor est en place.

On est prié de s’attendrir et de s’émouvoir devant le récit de cette petite fille.

 

La nostalgie de l’enfance magnifie tout, même le plus sordide des territoires, coincé entre le cimetière et deux gazomètres, même le taudis sans fenêtre où la petite fille vit avec sa grand-mère, dans la terreur d’être enlevée par la D.D.A.S.S. On comprend assez vite que ce territoire est à deux pas de la tour Eiffel, que la misère y règne, mais aussi l’exotisme et le brassage des cultures.

 

On pourrait peut-être se laisser aller si le texte était moins explicite, voire didactique, si la mise en scène était plus subtile, moins laborieuse, si les interventions du griot étaient utiles et nourrissaient l’émotion (que dire des lumières ! là encore on ne peut que déplorer un manque de subtilité). Mais c’est tout le contraire qui se passe. Visiblement l’auteur-metteur en scène cherche à atteindre le cœur du spectateur, mais il le met sans cesse à distance du récit, cherchant à vérifier s’il a bien compris le message.

 

On touche le fond avec l’épilogue censé porter l’émotion à son comble. L’auteur y récapitule dans le désordre tout ce qui vient d’être dit et nous donne les clés pour comprendre ce qui restait une énigme : le costume de Babar de l’actrice incarnant la petite négresse…

 

Le mauvais goût côtoie l’impéritie… 

 

Camille Vivante

Les Trois coups

www.lestroiscoups.com


Petite négresse de l’île Saint-Pierre, de Claude Défard

Par la Compagnie La Poursuite

Mise en scène : Claude Défard assisté de Magali Berruet

Avec : Marcelle Basso, Robbas Biassi Biassi et Raymonde Palcy

Lumière : Jord Le Dortz

Musiques : Robbas Biassi Biassi

Costumes : Marylène Richard

Maquillage : Émilie Roque

Théâtre des Halles • 4, rue Noël-Biret • Avignon

Tél. : 04 90 85 52 57 – télécopie : 04 90 82 95 43

Théâtre des Halles

Contact Théâtre des Halles

Samedi 25 février 2006 à 20 h 30 et dimanche 26 février 2006 à 16 heures

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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