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16 février 2006 4 16 /02 /février /2006 21:51

Couté-Rossotto : frères d’armes poétiques


Par Vincent Cambier

Les Trois Coups.com


Le lundi 6 février 2006, dans le plus joli laboratoire artistique d’Avignon – les Trois Pilats –, Régis Rossotto, comédien amoureux fou des écrits de Gaston Couté, présentait une maquette de son futur spectacle sur le grand homme, en textes et en chansons.

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J’aimerais bien voir une maquette de spectacle comme ça tous les jours ! Ne serait-ce que pour le choix de l’auteur, Gaston Couté, que Pierre Mac Orlan qualifiait de « poète paysan dont le renom grandira tout d’un coup, un jour quelconque dans l’avenir ».

Ce type mort en 1911, avant la Grande Boucherie de 1914-1918, est un écrivain extraordinaire. Il a un sens flamboyant de la langue et du style. Il attaque au ventre, il attaque au sexe, il attaque au cœur : « Cette nuit, pour passer ma rage/De ne pouvoir t’avoir longtemps,/J’ai fait l’amour comme un carnage,/En gueulant, griffant et mordant.

« J’ai fait des bleus sur ta peau blanche/À grands coups de baisers déments :/Ton corps est un champ de pervenches…/Va trouver tes autres amants ! » Je cite cet extrait pour montrer à quel point cette poésie est indispensable et accessible à toutes les personnes sensibles de la terre.

Sûr que le hasard n’a rien à voir avec la rencontre de Régis Rossotto et de Gaston Couté. Le comédien doit se reconnaître dans ce « gâs qu’a mal tourné », dans celui dont les « yeux inquiets vont de la terrasse [d’un café]/Au clair va-et-vient des femmes qui passent », dans cet homme qui pense que le Christ n’est qu’un mannequin au service des riches et dans celui qui juge que le maître d’école n’est « qu’un grand malfaiseux devant la Nature »

Dans cette « maquette », Régis Rossotto semble parfaitement à l’aise. Il arbore un air candide, faussement sûr de lui. Il promène son aisance, en osmose avec son frère d’armes poétiques. Il sourit sans cesse, sans doute pour ne pas montrer son âme qui saigne. Il est très émouvant, autant par son jeu que par son chant. Sûr qu’avec ce spectacle « la mouesson est mûre et les blés sont blonds ».

Quant à Léna Chambouleyron, elle lui donne la réplique – instrumentale et textuelle – avec grâce, finesse et ironie jolie. 

Vincent Cambier


Gaston Couté, 1880-1911

Textes : le Gâs qu’a perdu l’esprit ; le Gâs qu’a mal tourné ; les Électeurs ; les Petits Chats ; les Absinthes ; le Christ en bois ; les Oies inquiètes ; les Bornes ; J’ai fait des bleus sur ta peau blanche ; l’École ; l’Enfermée ; les Mangeux de terre

Avec : Régis Rossotto et Léna Chambouleyron (piano)

Théâtre des Trois-Pilats • 18, place des Trois-Pilats • Avignon

Tél./télécopie : 04 90 85 67 74

Théâtre des Trois-Pilats

Lundi 6 février 2006 à 19 heures

Entrée libre

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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