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28 février 2006 2 28 /02 /février /2006 17:08

Le Off, les menaces de l’ADAMI

 

Communiqué d’Avignon Festival & Compagnies
du 26 février 2006

 

Lors de notre tentative de refaire l’union de toutes les compagnies le lundi 20 février 2006 à la mairie d’Avignon, il fut impossible de convaincre AFO (Avignon Festival Off) de rester avec nous tous. Elle a préféré faire scission et rester seule dans son coin. Nous l’avons déploré. En fait, elle n’était pas seule.

 

Ce jour-là, l’ADAMI était descendue en force de Paris pour nous faire comprendre qu’il fallait rejoindre les rangs d’AFO. L’ADAMI nous a fait entendre par la voix de son président Philippe Ogouz, que si nous n’obéissions pas, nous n’aurions rien de la manne qu’elle dispense sur les têtes selon son bon vouloir. Oui, Philippe Ogouz nous a dit très clairement avant de quitter la réunion, qu’aucune autre organisation que AFO ne recevrait de subvention pour le festival.

 

Se peut-il que par le passé, un ministre de la Culture ait jamais tenu publiquement des propos équivalents, ni même les sous-entendre ? A-t-on déjà usé de telles menaces, de tels chantages à l’encontre des artistes ? Pour qui se prend-il ? Pour le Juge Suprême ? Le président de l’ADAMI a-t-il de tels pouvoirs ? Alors, à quand les lettres de cachet ? Le gouvernement de la République peut-il laisser quelqu’un s’arroger avec cynisme des droits que lui-même ne prend pas ? Quelqu’un peut-il impunément disposer de l’argent public à sa guise, comme bon lui semble, pour ses seuls amis ? Il faudra bien un jour qu’il rende sérieusement des comptes.

 

Et là-dessus, de retour à Paris, le même Philippe Ogouz, à froid mais encore très en colère, et se prenant sans doute pour le Christ, a déclaré par voie de presse (la Lettre du spectacle) qu’il avait rencontré les Marchands du Temple, en parlant de ceux qu’il considère comme des ennemis et dont il estime qu’ils ne méritent de « sa part » aucune aide. C’est à croire qu’il se prend effectivement pour le Juge Suprême. Ceci dit, moi en marchand du Temple, ça me fait vraiment rigoler et certainement beaucoup d’autres.

 

Il faut aussi savoir pour apprécier la chose, que dans les deux « camps » il y des compagnies solitaires, des théâtres qui louent leur salle, des théâtres qui travaillent en coproduction avec des compagnies, selon diverses modalités, etc. Par exemple il semblerait qu’il y ait dans le propre bureau d’AFO un loueur de créneaux.

 

Philippe Ogouz a réagi comme si on lui avait pris quelque chose, comme si on le dépossédait. Or le Off n’est pas sa propriété, ni en entier ni en partie. Le Off n’appartient à personne. Et les troupes qui le font sont libres de s’organiser, de se grouper comme elles l’entendent, sans porter tort à personne.

 

Liberté de penser, liberté d’entreprendre, liberté de s’associer, les compagnies fondent leur existence et leur survie sur ces valeurs, et sur leur travail. Elles n’imposent rien à personne. En plus elles savent maintenant qui elles doivent rejoindre, si elles souhaitent recevoir une aide de l’ADAMI…

 

André Benedetto, le 26 février 2006

 

Recueilli par

Vincent Cambier

www.lestroiscoups.com


Source : Avignon Festival & Compagnies

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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