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3 mars 2006 5 03 /03 /mars /2006 18:14

Off – Comment en est-on arrivé là ?

 

En 2004, nous, les Scènes d’Avignon, nous nous sommes rangées derrière Avignon Public Off, dont Alain Léonard était le gérant.

 

Malgré ses dérives et sa tendance à l’opacité, APO était pour nous un outil culturel collectif que nous devions conserver. Nous connaissions bien Alain Léonard. C’était l’un des nôtres. Il sortait de la profession. Nous l’avions vu jouer. Il venait de la base. Il a créé Avignon Public Off en 1982.

 

Au cours du Festival 2004, il a commencé à être poussé vers la sortie, non seulement de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur même d’Avignon Public Off ! En attendant, et peut-être en partie grâce à lui, en 2005 l’unité s‘est reconstituée et pour le Festival nous avons eu un programme et une carte d’abonnement uniques, ce qui fut apprécié par le public et par les compagnies. Et pour 2006, nous attendions que soit reconduite la même unité.

 

Mais Léonard a été démissionné et, à partir de là, s’est amorcée une re-fondation, une sorte de mutation inattendue, de type centraliste – ce mal français par excellence – et enfin, sous la houlette de Jean-Claude Walter qui assurait l‘intérim, Avignon Public Off a accouché d’Avignon Festival Off, et d’un délégué général.

 

Nommé en novembre, ce délégué général est arrivé à Avignon en janvier. Vient-il d’un théâtre, d’une compagnie, du monde du showbiz ? Non pas du tout ! Ayant été danseur dans sa jeunesse, il nous arrive du monde politique.

 

Ici ou là, à un ou deux, à trois ou quatre, il nous a dit, vous les associations, ALFA, ARTO, Scènes d’Avignon, vous allez vous dissoudre. Et, dans AFO, les uns auront tant de sièges, les autres tant de sièges, les troisièmes tant de sièges au conseil d’administration, dans lequel il y aura des représentants de telle et telle organisation, des personnalités qualifiées (?), les anciens présidents, etc. Il comptait tout diriger, et plutôt arbitrairement. Avec la meilleure bonne volonté de notre part, ça ne pouvait pas marcher.

 

Et voilà comment nous, les Scènes d’Avignon, qui avions été derrière Avignon Public Off, nous sommes retrouvées devant un Avignon Festival Off qui a jeté toute l’ancienne équipe d’Avignon Public Off, tous les accords passés, qui croit que le Off lui appartient et qui crée, sous couvert d’une prétendue légitimité, une scission pour agir à sa guise et pour escamoter vers où, vers quoi (?) les 420 000 € générés par les cartes d’abonnement, c’est-à-dire par les compagnies qui accordent au public des tarifs préférentiels, et qui sont à gérer autrement dans l’intérêt collectif des artistes.

 

Nous avons appelé à la fondation d’une maison commune, mais après le départ de l’ADAMI et d’AFO lors de la réunion du 20 février à la mairie d’Avignon, nous Scènes d’Avignon, avec des indépendants et avec l’Association des lieux du Festival d’Avignon, avons appelé et appelons simplement à la seule solution acceptable pour l’union du Off, la fondation d’une association à direction collégiale : Avignon Festival & Compagnies.

 

Scènes d’Avignon est une association des théâtres du Balcon, des Carmes, du Chêne-Noir, du Chien-qui-fume, des Halles.

 

André Benedetto, 1er mars 2006

 

Recueilli par

Vincent Cambier

www.lestroiscoups.com


Source : AF & C

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Publié par Les Trois Coups - dans France-Étranger 1998-2014
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