« Depuis notre débat sur le Off d’Avignon, j’ai eu l’occasion de “lire” votre site critique, et j’en ai été très heureux. Parce que
j’apprends des choses dont les médias parisiens ne m’informent pas et parce que les critiques sont de bonne qualité. Continuez bien ! Tous mes vœux à vous et aux Trois Coups !
Amicalement, »
Gilles COSTAZ, critique dramatique à Paris-Match, les Échos, Politis, le Magazine littéraire, l’Avant-scène Théâtre…
« Nous tenions à vous dire bravo, nous applaudissons des deux mains, votre site est admirablement bien fait. Vous (toute l’équipe) aimez
le théâtre et vous savez faire partager votre passion… »
Marie-Céline NIVIÈRE et Dimitri DENORME, Pariscope, rubrique « Théâtre »
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Une quête identitaire sobre et pudique
Michèle Nguyen développe, de spectacle en spectacle, une gestuelle, une écriture et un univers très personnels fondés sur le quotidien. L’épure est sa quête. Du Vietnam, elle a rapporté des ambiances, rassemblé des bribes de mémoire, qu’elle nous livre au Tarmac, dans un spectacle sobre et pudique.
Née en Algérie d’un père vietnamien et
d’une mère belge, il n’est pas étonnant que l’identité et l’origine soient au cœur de la création de Michèle Nguyen. Lorsqu’elle a commencé les répétitions, avec le metteur en scène Alberto Garcia, pour un spectacle de contes vietnamiens, la
comédienne s’est aperçue qu’elle ne pouvait même pas chantonner de berceuse. Elle ignorait tout de cette musique. Elle a donc décidé d’aller apprendre sur place. Elle s’y est rendue à deux reprises. Sur les traces de
son père absent… Ce spectacle a été, pour elle, l’occasion de découvrir un pays qui lui était
jusqu’alors totalement étranger, de se rapprocher de ce Vietnam si lointain.
À quelques pas d’elle est donc le fruit de deux voyages. Ce parcours initiatique n’a pas été dénué d’embûches : les complications administratives, les quiproquos, les problèmes d’accent. Avec humour, Michèle Nguyen nous révèle avoir enfin compris comment prononcer ce nom que portent les trois quarts des Vietnamiens. Mais ces obstacles n’ont pas empêché de fructueuses rencontres. Ses recherches l’ont menée de son histoire intime jusqu’aux sources de la tradition. Quelques compagnons de contes et de légendes (la fille du mandarin, le pêcheur amoureux ou la petite aigrette) surgissent d’une mémoire ancestrale.
C’est par les mots et les gestes que la conteuse nous conduit là-bas. Finalement, elle laisse peu de place à la musique, si ce n’est une petite musique intérieure : « Ce que je voudrais, c’est vous parler d’une musique […] entendue là-bas. D’abord subie, exécrée, rejetée que […] j’ai appris à écouter ».
Reste que son spectacle mise davantage sur le sonore que le visuel. Sur un plateau
nu, baigné d’une lumière tiède, la conteuse évoque l’heure du thé, les étals colorés, les fragrances asiatiques ; la touriste nous livre anecdotes et souvenirs, tandis que,
par intermittence, une bande-son donne à entendre la voix de quelques-unes des personnes rencontrées et nous restitue l’ambiance : clameurs de Hanoi avec ses Klaxons et ses conducteurs de cyclo, bruissements de la nature avec le vent qui souffle entre les bambous et le lotus, rumeurs
du monde avec les cris d’enfants ou les babillages de sa propre fille.
Les enfants sont au cœur même de ce spectacle : ceux des rues, comme ceux, fraîchement adoptés, qui se sont mis à hurler au moment du décollage de l’avion qui ramène Michèle Nguyen en Belgique, ou encore ceux qui assureront, à leur tour, la transmission, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. C’est précisément le fait d’être devenue mère qui l’a aidée à se réconcilier avec cette partie d’elle-même, ses origines négligées. En trouvant la mélodie de cette berceuse qu’elle ne parvenait pas à entonner – le refrain ponctue la pièce –, Michèle Nguyen comprend mieux ses racines et aide ainsi sa fille, née elle aussi loin du Vietnam, à mieux grandir. La mère est également le pilier de la tradition, l’héroïne de légendes.
Avec ce monologue sur la quête identitaire, Michèle Nguyen bouleverse les frontières du conte, car elle nous livre le témoignage d’une femme qui se voit « pour la première fois vietnamienne dans le miroir ». Et, par cette berceuse, cette petite musique intérieure enfin retrouvée, cette jeune mère accouche au monde, avec grâce et délicatesse. ¶
Léna Martinelli
Les Trois Coups
À quelques pas d’elle, de Michèle Nguyen
Compagnie Michèle-Nguyen • Belgique
Mise en scène : Alberto Garcia Sanchez
Avec : Michèle Nguyen
Prise de son : Didier Mélon et Michèle Nguyen
Conception sonore : Marc Doutrepont
Création lumière : Nathalie Borlée
Costumes : Orphée
Régie : Morane Asloun
Diffusion : Hervé d’Otreppe
Portable : +32 496 / 81 24 67
Le Tarmac • parc de la Villette • 75019 Paris
Du 9 au 27 septembre 2008, du mardi au vendredi à 20 heures, les samedi à 16 heures et 20 heures, relâche exceptionnelle les 19 et 20 septembre 2008
Réservations : 01 40 03 93 95
Durée : 1 h 10
16 € | 12 € | 5 €
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